Politique

RDC : appel à une enquête après la mort d’un militant de la Lucha dans un incendie

Militants de la Lucha, près de Goma, dans l'est de la RD Congo. © Compte Facebook de la Lucha

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) a annoncé dimanche la mort d'un de ses fondateurs dans l'incendie "suspect" de sa maison, dans la nuit de samedi à dimanche à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo.

« Notre camarade Luc Nkulula est décédé dans un incendie suspect dans sa maison, dans la nuit de samedi à dimanche », a déclaré Ghislain Muhiwa, l’un des responsables de ce mouvement de jeunes indignés basé à Goma (Nord-Kivu). « Nous soupçonnons les ennemis de la démocratie et de la paix d’être responsables de cet acte lâche sur la personne de notre camarade, même si jusque-là, nous ignorons l’origine du feu ».

Enquête rapide et crédible

Dans un communiqué dimanche, Lucha salue la mémoire d’un « héros » et « modèle irremplaçable « toujours en première ligne dans les actions ».

Le mouvement a exigé « des autorités une enquête rapide, transparente et crédible avec l’assistance internationale pour déterminer les circonstances de la mort » de leur compagnon.


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Le comité des laïcs catholiques organisateurs de trois marches anti-Kabila fin 2017 et début 2018, dont la répression a fait 15 morts, a également demandé « une enquête réellement indépendante pour déterminer les circonstances » de la mort de ce militant.

Le 25 février, il avait été arrêté à Goma avec d’autres membres du mouvement Lucha. Une photo partagée sur les réseaux sociaux le montre debout entouré des policiers le poing droit levé à bord d’une une jeep de la police.

Luc Nkulula est l’un des fondateurs de Lucha, un mouvement farouchement opposé au maintien au pouvoir du président congolais Joseph Kabila, au-delà de la fin de son mandat, qui a expiré le 20 décembre 2016.

Mi-aout 2016, Luc Nkulula avait pris la parole au nom de la délégation de Lucha lors d’une audience à Goma avec le président Kabila.

« Modèle pour tous »

Plusieurs personnalités de l’opposition congolaise ont réagi à la mort de l’activiste.  Vital Kamerhe a salué  » un fervent combattant des droits de l’homme et de la démocratie ». « Avec nos autres héros de la démocratie, il est un modèle pour tous », a pour sa part commenté Moise Katumbi. « Toute la lumière doit être faite sur sa mort », a ajouté le président de la plateforme électorale Ensemble pour le changement.

Un autre militant prodémocratie, Rossy Mukendi a été tué par balle le 25 février dans la répression de la marche organisée par le collectif proche de l’Église catholique contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila après la fin de son mandat.

Le procès de son présumé assassin s’est ouvert à Kinshasa devant un tribunal militaire, mais l’affaire est régulièrement renvoyée sans que le fond soit abordé.

Le 2 juin, des défenseurs de droits de l’homme et des mouvements citoyens avaient commémoré le meurtre, il y a huit ans, d’une grande figure de la société civile congolaise, Floribert Chebeya, tué dans les locaux de la police.

Selon sa famille et son organisation, la Voix des sans voix pour les droits de l’Homme », la justice n’est pas toujours rendue parce que le principal suspect, l’ancien chef de la police, le général John Numbi, n’a jamais été poursuivi.

La fin du mandat officiel de Joseph Kabila a été marquée par des violences qui ont causé la mort d’une cinquantaine de personnes les 19 et 20 décembre 2016, lors des manifestations organisées par l’opposition et des mouvements citoyens dont Lucha.

La présidentielle qui doit désigner un successeur au président Kabila est prévue le 23 décembre 2018.

La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat a expiré le 20 décembre 2016, de se représenter. Ses détracteurs l’accusent de chercher à rester au pouvoir.

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