Communication & Médias

A Cannes, le Midem déroule le tapis rouge pour la musique africaine

Yemi Alade, lors de son concert au Midem 2018, le 6 juin. © S. CHAMPEAUX - Image & Co

Le rendez-vous de l’industrie musicale qui se tient du 5 au 8 juin accueille cette année en grande pompe un African Forum pour encadrer l’explosion attendue du marché africain.

C’est un escalier sur lequel se sont succédé les plus grandes stars du cinéma il y a quelques semaines. Mais du 5 au 8 juin, les marches du Palais des festivals de Cannes sont gravies plus discrètement par d’autres géants du divertissement pour le Midem, le plus grand rendez-vous des professionnels de la musique.

4 400 participants liés de près ou de loin à l’industrie musicale se pressent dans les dédales de cet énorme bâtiment posé sur la Croisette : managers, journalistes, responsables de majors, de petits labels ou de sociétés digitales, vidéastes, sans compter une centaine d’artistes. Et si 80 pays sont représentés, les Africains occupent cette année une place restreinte (seulement 4% des participants) mais de choix. Pour la première fois, cet événement, le plus grand du marché musical, accueille un African forum.

Concrètement, des conférences (passionnantes) ont lieu : un débat autour de l’influence des artistes africains, un autre sur la distribution de la musique sur le continent, des entretiens avec les stars de l’afropop nigérian Yemi Alade et Davido ou avec Black Coffee, producteur de musique électronique sud-africain, artiste et fondateur de Gongbox, un service de streaming dédié aux artistes africains… Des concerts sont donnés, avec notamment les Ivoiriens de Kiff No Beat ou le Sud-africain BigStar. Et surtout, dans les couloirs et les espaces VIP, artistes, médias et managers s’entretiennent pour dessiner le futur de l’industrie musicale.

Seulement 2% du marché… aujourd’hui

Chacun cherche déjà à prendre sa part du gros gâteau à venir…

Le continent est perçu comme le marché à plus fort potentiel de la planète et « un véritable volcan artistique » pour reprendre les termes du directeur du Midem Alexandre Deniot.

Aujourd’hui, selon la SACEM (la société française de collecte de droits d’auteurs, également présente en Afrique), l’Afrique ne représente que 2 % des revenus de l’industrie musicale, et 0,7 % des royalties perçues au niveau mondial. Mais la donne pourrait très rapidement changer du fait de la vitalité démographique du continent, de son adoption rapide des médias mobiles (d’ici 2020 l’Afrique subsaharienne devrait compter 500 millions de smartphones selon les analystes), et son empreinte déjà forte sur les musiques urbaines.

© V. DESJARDINS – Image & Co

Si les professionnels anglophones sont très dynamiques au Midem, les Africains francophones brillent par leur absence

Chacun cherche déjà à prendre sa part du gros gâteau à venir… comme le prouve le retour sur le continent de Sony et d’Universal Music Group, qui avait un premier temps été découragé par le piratage. Une des questions est de savoir si les Africains eux-mêmes seront à la manœuvre dans la structuration de leur industrie musicale.

Si les professionnels anglophones sont sans surprise très dynamiques au Midem –notamment le Nigeria et l’Afrique du Sud-, les Africains francophones brillent par leur absence.

Des stands dédiés au Tchad et au Cameroun sont restés désespérément vides. Celui du Gabon, en revanche, est occupé par les responsables du très prometteur projet d’African Music Institute : sorte de « hub » permettant de former à toutes les professions du son (artiste, manager, technicien…). Le projet verra le jour à Libreville à la rentrée et l’État gabonais a financé 40% des 60 millions d’euros de la construction du site, mais l’idée revient à la prestigieuse école musicale de Berklee, aux États-Unis.

Tournée africaine

Une chose est sûre, les responsables du Midem, pour leur part, prennent très au sérieux le continent et commencent à y poser des jalons en s’appuyant sur le réseau de médias radio et télé Trace ainsi que sur la Sacem.

Le lancement de l’African forum a ainsi été précédé d’une série d’événements en avril dans les capitales de la Côte d’Ivoire, du Nigéria, de l’Afrique du Sud et de la République du Congo. Autour de concerts, d’ateliers et de conférences, le Midem avait déjà réuni sur place 400 professionnels (labels, opérateurs de téléphonie mobile, plateformes de streaming, éditeurs, artistes, médias)… et rien moins que trois ministres de la Culture.

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