Défense

Libye : Haftar affirme être sur le point de « libérer » Derna

Le maréchal Khalifa Haftar à Al Marj, au nord-est de Benghazi, en Libye, le 22 mars 2017. © Mohammed El-Sheikhy/AP/SIPA

L’Est libyen sera bientôt entièrement contrôlée par les forces du maréchal Haftar, affirmé ce dernier lundi. Après une offensive menée depuis un mois, Derna, la seule zone encore aux mains des jihadistes, va bientôt être « libérée », a-t-il assuré.

« La victoire est proche à Derna » a déclaré le maréchal Khalifa Haftar, lundi 4 juin. Cette ville côtière, située à plus de 1 000 km à l’est de Tripoli et à environ 300 km à l’est de Benghazi, est sous la coupe d’une coalition hétéroclite de milices islamistes et jihadistes depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Les forces loyales à Haftar mènent depuis le mois dernier une offensive militaire pour « libérer » Derna, la seule zone de l’Est libyen à échapper au contrôle de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) qu’il dirige.

Dans une vidéo diffusée sur Youtube, le maréchal Haftar, en uniforme militaire, a indiqué que ses forces avaient déjà « nettoyé » les banlieues de Derna. L’ANL, dont les forces au sol sont appuyées par des raids aériens et des bombardements à l’artillerie lourde, assiégeait la ville depuis près de deux ans.

Une situation humanitaire alarmante

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué la semaine dernière que la situation humanitaire à Derna était « critique » et que plus de 2 000 personnes avaient fui à cause des bombardements et des raids aériens.

La mission des Nations unies en Libye affirmait vendredi qu’au moins 17 civils avaient été tués dans les combats en deux semaines et déplorait le fait que les affrontements « empiètent de plus en plus sur des zones densément peuplées ».

Le maréchal Haftar a affirmé lundi qu’une fois Derna « libérée », ses forces se déploieront dans la ville pour prendre le « contrôle total » des infrastructures. Il a également indiqué son intention de dresser des barrages de sécurité, dans le but affiché d’assurer la sécurité des habitants et des bâtiments.

« Crimes de guerre »

Khalifa Haftar a par ailleurs demandé à ses troupes de « respecter les procédures légales relatives aux prisonniers et (de) les livrer aux organes compétents », prévenant qu’il n’accepterait aucune « mesure de vengeance à leur encontre ».

Des membres des forces loyales à Haftar ont été mis en cause pour des actes criminels présumés lors de précédents combats, à l’image du commandant Mahmoud Al-Werfalli qui fait l’objet depuis août 2017 d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des accusations de « crimes de guerre » lors de la bataille de Benghazi.

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