Société

France : un Tunisien sans-papiers qui a sauvé deux enfants menacé d’expulsion

Une file d'attente de personnes attendant de déposer une demande d'asile, en région parisienne, en février 2018. © Thibault Camus/AP/SIPA

Aymen a sauvé deux enfants enfermés dans une chambre en proie flammes, à Fosses, en avril 2015. Aujourd'hui, ce jeune Tunisien arrivé en France en 2013 est menacé d'expulsion : en janvier, les autorités lui ont refusé une « admission au séjour pour motif exceptionnel ».

Un migrant tunisien de 25 ans qui avait sauvé deux enfants des flammes en 2015 près de Paris est sous la menace d’une expulsion. La préfecture s’est dit prête à réexaminer son dossier après la récente régularisation d’un jeune Malien pour un « acte héroïque ». D’après Le Parisien, le jeune homme est arrivé en France en 2013, avec un diplôme d’informatique en poche. En avril 2015, avec deux amis, il avait porté secours à deux enfants en bas âge bloqués dans un appartement dont la cuisine était en flammes, après avoir entendu les appels à l’aide de leur mère.

Une médaille et un refus

Le sauvetage n’a pas été filmé, contrairement à l’acte de Mamoudou Gassama, le jeune migrant malien qui a été régularisé après avoir sauvé un enfant à Paris. Les trois hommes avaient quitté discrètement les lieux et la mère avait lancé un appel pour les retrouver.

Pierre Barros, maire de Fosses, dans le Val d’Oise, l’avait distingué en lui remettant la médaille de la ville lors d’une cérémonie organisée quelques semaines plus tard. Puis, en 2017, il avait appuyé sa demande d’un titre de séjour, rappelant le courage dont il avait fait preuve.

On s’efforce de rassembler le maximum d’éléments corroborant cet acte de bravoure

D’après son avocate, la préfecture avait alors répondu qu’il pouvait demander son « admission au séjour pour motif exceptionnel ». Mais en janvier, la préfecture refuse de lui octroyer un permis de séjour et lui délivre une « obligation de quitter le territoire français » (OQTF).

Son avocate a déposé un recours devant le tribunal administratif. « Mais s’il est contrôlé demain, il peut être placé en rétention et expulsé », a-t-elle dit à l’AFP. « On s’efforce de rassembler le maximum d’éléments corroborant cet acte de bravoure, notamment auprès des pompiers, pour prendre une décision sur l’abrogation de l’OQTF, ce qui devrait être fait dans la journée », a affirmé à l’AFP la directrice de cabinet du préfet du Val-d’Oise (région parisienne).

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