Politique

Kenya : Uhuru Kenyatta promet de « récupérer tout l’argent » de la corruption

Le président kényan Uhuru Kenyatta lors d'un meeting dans la banlieue de Nairobi, le 5 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le président kényan a annoncé mercredi vouloir renforcer la lutte contre la corruption après des révélations concernant plusieurs scandales de détournements d'argent. Un appel à manifester jeudi 31 mai contre ce fléau a été lancé sur les réseaux sociaux.

Plusieurs centaines de personnes manifestaient ce jeudi 31 mai au matin dans les rues de Nairobi, notamment devant la Cour suprême et le Parlement, contre la corruption qui touche le pays où plusieurs scandales ont éclaté ces derniers jours, dont le détournement de plus de 68 millions d’euros des caisses du Service national de la jeunesse (NYS).

« Pas de pitié »

La veille, mercredi 30 mai, le président kényan Uhuru Kenyatta avait promis via un communiqué de la présidence de « récupérer tout l’argent » de la corruption au Kenya. « Nous n’aurons pas de pitié pour les voleurs, leurs jours sont comptés […]. Ils seront poursuivis et emprisonnés. […] Nous allons récupérer l’argent », avait-il déclaré, promettant que ces sommes seraient rendues aux projets auxquels elles étaient destinées.

Le procureur en chef du Kenya avait annoncé lundi qu’il allait engager des poursuites contre 54 personnes soupçonnées d’avoir détourné plus de 68 millions d’euros du NYS, via des paiements fictifs ou des factures artificiellement gonflées.


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Vingt-quatre d’entre elles, dont le directeur du NYS Richard Ndubai, ainsi que la plus haute fonctionnaire du ministère de la Jeunesse, Lilian Omollo, ont été inculpées mardi devant un tribunal dans un volet de l’affaire portant sur environ 4 millions d’euros. Elles ont plaidé non coupable. Le tribunal a sommé les 30 autres suspects de se rendre aux autorités d’ici jeudi 14 h 00 (11 h 00 GMT).

« La corruption entrave la prospérité »

Outre Lilian Omollo et Richard Ndubai, les 52 autres suspects sont des subalternes au sein de l’institution ainsi que des fournisseurs accusés d’avoir reçu des paiements litigieux.

Il s’agit tout simplement de vol commis contre le peuple kényan

Les médias kényans ont par exemple rapporté que le NYS a acheté pour 8,5 millions d’euros de viande de bœuf en un an, l’équivalent de 66 kilos de bœuf par jour pour chaque recrue.

Dix-huit ambassadeurs occidentaux au Kenya ont salué mercredi le lancement de poursuites dans cette affaire. « Cela fait longtemps que la corruption entrave la prospérité, la sécurité et la démocratie kényanes », ont-ils déclaré dans un communiqué commun. « Il s’agit tout simplement de vol commis contre le peuple kényan ».

De nombreux observateurs ont toutefois regretté que peu de hauts responsables soient généralement poursuivis dans ce genre de scandale, et soulignent que celui du NYS ne fait pas exception.

Avec un budget d’environ 215 millions d’euros par an, le NYS est miné par la corruption depuis ces dernières années. Un premier scandale avait éclaté en 2015 après le vol de 7 millions de dollars, mais la presse kényane a rappelé que les poursuites engagées à l’époque n’avaient mené à aucune condamnation.

Le président Kenyatta a déjà assuré plusieurs fois par le passé avoir fait de la lutte contre la corruption une priorité, et cette promesse a déjà été faite par plusieurs présidents avant lui, sans résultats probants.

En 2017, le Kenya était à la 143e position sur 180 dans le classement annuel de Transparency International pour la perception de la corruption dans le monde.

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