Société

Algérie : les médecins résidents poursuivent la grève

Manifestation des médecins résidents algériens le 24 avril 2018 à Alger © Facebook/ Camra

Ne voyant pas d'amélioration dans les négociations avec le gouvernement, les médecins résidents grévistes ont décidé de continuer leur mouvement de contestation entamé depuis sept mois. Une action régionale pacifique aura lieu mercredi 6 juin à Tizi Ouzou.

Le bras de fer continue. Les médecins résidents ont finalement choisi de poursuivre leur mouvement de contestation, n’ayant aucune réponse d’ouverture du gouvernement. Selon Sofiane Benseba, porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), une action régionale pacifique aura lieu mercredi 6 juin à Tizi Ouzou en Kabylie et deux autres actions locales sont programmées cette semaine à l’Ouest et l’Est du pays (Sidi Bel Abbès et Annaba). La décision de reprendre les marches a été prise dimanche 3 juin lors d’une réunion de tous les délégués du Camra. Leur objectif est de forcer le gouvernement à répondre et à trouver des solutions mais aussi afin de « réitérer encore notre détermination inébranlable à mener notre combat jusqu’à l’obtention de nos revendications, et arracher notre dignité tant bafouée », écrit le Camra dans un communiqué publié au lendemain de la décision.

Les médecins résidents en grève depuis mi-novembre avaient décidé de reprendre l’activité de garde le 3 juin, sous condition de négociations. « La reprise des gardes [était] conditionnée par l’ouverture du dialogue avant le dimanche 3 juin », affirme à Jeune Afrique Hamza Boutaleb, porte-parole du Camra. Mais ces négociations n’ont pas eu lieu, selon lui. « Nous avons envie de trouver des solutions à cette crise mais la tutelle maintient le silence. Depuis le mois d’avril nous n’avons reçu aucune invitation de leur part, ni en informel ni en officiel », souligne le Dr Benseba.

Je suis coupé du monde », a répondu le ministre de la Santé

Les médecins résidents, qui attendaient une réponse du gouvernement, ont été surpris par la réaction de Mokhtar Hasbellaoui, ministre de la Santé : « Je ne suis au courant de rien. Je suis coupé du monde », a-t-il ainsi répondu aux journalistes à l’issue de la séance plénière du 30 mai, dédiée à la présentation du projet de loi sur la santé devant les membres du Conseil de la nation.

Depuis maintenant sept mois, les résidents sont en grève pour faire aboutir leurs revendications, notamment la fin du service civil obligatoire et de meilleures conditions de travail. Fin avril, ils ont franchi une étape inédite, avec leur décision d’acter la grève des gardes d’urgence. Selon le docteur Boudiba, même si la tutelle refuse de le reconnaître, l’impact de la grève est sérieux. L’arrêt de travail fragilise un secteur déjà en proie à de nombreuses difficultés. De nombreux hôpitaux, notamment les CHU qui accueillent de nombreux résidents, fonctionnent au ralenti.


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Réponse du ministère de la Santé

Le ministère de la Santé avait appelé, début mai, les médecins résidents « à la sagesse et la retenue », regrettant leur refus d’assurer le service minimum au niveau des points d’urgence et de garde et rappelant que leurs revendications ont été « prises en charge ». Mais le Camra, principale structure du mouvement de colère, assure de son côté qu’aucune offre n’a été mise sur la table. « Nous n’avons reçu aucun appel de la part de la tutelle depuis l’arrêt des gardes », affirme Hamza Boutaleb.

Selon lui, la reprise des gardes n’est pas un pas en arrière mais un signe de bonne foi pour « montrer aux médias et à l’opinion publique que les médecins résidents sont toujours ouverts au dialogue ».


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À ce jour, ni la tutelle ni les grévistes ne veulent céder. La première partie a cependant déploré dans un communiqué « le fait que les représentants des praticiens résidents en sciences médicales formulent à chaque réunion de nouvelles revendications irréalistes dont la finalité tend à maintenir la situation actuelle de statu quo ». De l’autre côté, les médecins résidents tiennent à l’ensemble de leurs revendications. « Nous n’avons jamais changé nos revendications. Elles ont été rétablies par 15 000 résidents. Ce n’est pas une chose qu’on pourra changer du jour au lendemain », déclare Hamza Boutaleb.

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