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Cet article est issu du dossier «Crise en Libye : accord à Paris pour des élections le 10 décembre»

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Diplomatie

Libye : rencontre au sommet à Paris pour une sortie de crise

Le président français, Emmanuel Macron, en compagnie du Premier ministre libyen, Fayez al-Serraj, et du maréchal, Khalifa Haftar, lors de la rencontre de La Celle Saint-Cloud le 25 juillet 2017. © Michel Euler/AP/SIPA

Les acteurs majeurs du dossier libyen se réunissent le 29 mai à l'Élysée sur invitation d'Emmanuel Macron. Objectifs : obtenir leur accord concernant la tenue des élections avant 2019 et mettre toutes les parties prenantes face à leurs responsabilités.

Alors que la situation ne cesse de s’enliser en Libye, la France accueille, ce mardi 29 mai, une conférence internationale sur le devenir de ce pays sous l’aile des Nations unies. Priorité pour Paris : assurer la stabilité régionale, lutter contre les trafics de migrants et les trafics d’armes qui nourrissent la prolifération des groupes terroristes au Sahel.


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Côté libyen, l’Élysée annonce la présence du maréchal Khalifa Haftar, du Premier ministre, Fayez al-Sarraj, du président du Parlement, Aguila Salah, et du président du Haut Conseil d’État, Khaled Al-Mishri. « C’est la première fois qu’ils sont réunis », se félicite l’Élysée. Le président français, Emmanuel Macron, initiateur de cette conférence, espère que tous les quatre se mettent d’accord sur un texte définissant les modalités du processus politique, en particulier la tenue du processus électoral (présidentielle et législatives) avant 2019. Les milices de Mistra et de Zintan seront également autour de la table, un dialogue « nécessaire » selon l’Élysée pour éviter « tout risque de radicalisation ». L’idée est d’engager tous les protagonistes libyens face à la communauté internationale et qu’ils soient mis face à leurs responsabilités.

Emmanuel Macron en médiateur

Au total, 19 pays et quatre institutions internationales seront représentées à cette grand-messe : l’ONU, la Ligue arabe, l’Union africaine – via le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, en charge du dossier libyen – et l’Union européenne. Dans la liste des pays invités, on retrouve ceux directement impliqués dans le processus de réconciliation, comme l’Algérie et l’Égypte. La Tunisie et le Maroc sont représentés « à un très haut niveau », et les pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar), ainsi que les puissances régionales comme la Chine, la Russie et la Turquie, seront également représentés.

Il faut déboucher sur un texte court, simple, qui entérine des engagements clairs », indique l’Élysée

Pour le reste des pays africains, on annonce la participation de Mahamadou Issoufou, président du Niger, et de Idriss Déby Itno, président du Tchad. « Il faut déboucher sur un texte court, simple, qui entérine des engagements clairs », indique l’Élysée. Il s’agit de simplifier les institutions libyennes et étendre la période de l’enregistrement des électeurs pour deux mois supplémentaires afin de renforcer la crédibilité du futur scrutin. Près de 2,7 millions de Libyens s’y sont déjà inscrits, dont 43 % de femmes.

Un accord plus élargi

La feuille de route qui sera adoptée à l’issue de cette conférence internationale – la deuxième après la rencontre de La Celle Saint-Cloud il y a un an – est en train d’être finalisée par les parties libyennes et l’émissaire de l’ONU, Ghassan Salamé, déjà arrivés à Paris. Celle-ci sera ensuite lue devant la communauté internationale. Ses dispositions prévoient une nouvelle conférence internationale d’ici deux à trois mois, pour suivre « l’état d’avancement de cet accord et mettre chacun face à ses responsabilités ».

La France estime que l’organisation d’élections présidentielle et parlementaires est la priorité, avant même le référendum constitutionnel, une question « extrêmement épineuse » qui ne sera pas tranchée ce 29 mai. Sur ce point, Ghassan Salamé mène des consultations avec les parties libyennes. Deux possibilités sont envisagées : soit un référendum est organisé dans les prochaines semaines et les Libyens adoptent la nouvelle Constitution sur la base de laquelle les élections pourront ensuite être organisées ; soit elle est adoptée après les élections. Dans ce dernier cas, il faudra tout de même prévoir un cadre juridique pour élire un président, « la fonction présidentielle n’existant pas ».

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