Politique

Putsch manqué au Burkina : le procès de Diendéré et de ses 83 coaccusés reporté au 29 juin

Le général burkinabè Gilbert Diendéré, leader présumé du coup d'Etat manqué à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 23 septembre 2015. © STR/AP/SIPA

Déjà plusieurs fois suspendu, le procès du général Gilbert Diendéré, cerveau présumé de la tentative de coup d’État à Ouagadougou en 2015 et de ses 83 coaccusés a de nouveau été reporté jeudi 14 juin. La prochaine audience est fixée au 29 juin.

Le procès dans lequel vont être jugées 84 personnes, poursuivies pour leur implication présumée dans le coup d’État manqué du 16 septembre 2015, s’est ouvert le 25 mai après plusieurs reports, devant la Chambre de jugement du tribunal militaire, délocalisée pour l’occasion à la Salle des banquets de Ouaga 2000, le quartier huppé au sud de Ouagadougou.

Mais l’audience avait aussitôt été repoussée au 12 juin prochain, à la demande des avocats commis d’office qui souhaitaient « disposer de temps pour s’imprégner du dossier ». Jeudi 14 juin, elle a de nouveau été suspendue pour être repoussée au 29 juin, rapporte Radio Omega.


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Sur le banc des accusés comparaissent notamment les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, soupçonnés d’être les cerveaux de ce putsch manqué ayant fait 14 morts et 251 blessés, selon un bilan officiel.

Lors de la précédente audience, le 9 mai dernier, le général Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré, s’était retrouvé sans défense, suite à la démission de plusieurs de ses avocats pour « convenance personnelle ». Ces derniers jugeaient notamment qu’ils manquaient de temps pour étudier ce dossier plusieurs fois reporté. Vendredi, Diendéré a cette fois récusé son avocat commis d’office, exigeant que sa défense soit assurée par les cinq avocats, dont Me Somé Mathieu, qui s’étaient justement retirés de l’affaire le 9 mai…

Un jugement très attendu

Le 12 juin prochain, la reprise du procès, dont le jugement devrait déterminer l’avenir politique des dignitaires de la famille politique de l’ex-président Blaise Compaoré, va-t-elle enfin entrer dans le vif des débats ? L’audience de ce vendredi devait permettre d’y voir un peu plus clair.

C’est en tout cas ce qu’espèrait l’ancien président de la Transition burkinabè, Michel Kafando. « J’attends que ce procès ait enfin lieu. Ce coup d’État était selon moi un flagrant délit, dans la mesure où les auteurs ont reconnu publiquement qu’ils regrettaient leurs actes. Deux ans après les événements, je suis quelque peu déçu qu’on ait mis autant de temps à parvenir au jugement », tonnait l’ancien président Michel Kafando, joint par Jeune Afrique quelques minutes avant le début de l’audience, vendredi matin.

L’enjeu de la présidentielle de 2020

Dès la première comparution des coaccusés, en février dernier, plusieurs incidents de procédure avaient émaillé ce procès très attendu des burkinabè. Si celui-ci divise l’opinion, l’issue des débats devrait néanmoins permettre de connaître les noms des potentiels candidats de l’ancienne majorité à la prochaine présidentielle prévue en 2020.

« D’anciennes personnalités de la famille politique du président Compaoré sont concernées par ce procès. C’est le cas du général Djibrill Bassolé, mis en cause pour trahison et collusion avec une force étrangère. L’un des enjeux sera donc de savoir si M. Bassolé sera blanchi ou au contraire condamné pour répondre de ses actes devant la justice jusqu’à la prochaine élection présidentielle », confiait en février dernier à JA Abdoul Karim Saidou, politologue et enseignant de droit à l’université de Ouagadougou.

La Nouvelle Alliance du Faso (Nafa) avait dès le mois de janvier demandé au fondateur du parti, le général Djibrill Bassolé, d’être candidat à la présidentielle de 2020.

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