Société

Tchad : la grève des fonctionnaires va-t-elle reprendre ?

Michel Barka, président de l'Union des syndicats du Tchad (UST), s'adresse aux militants lors d'une assemblée générale de l'UST devant la Bourse du Travail, à N'Djamena, en septembre 2012. © Abdel Nasser Garboa (pour JA)

Les fonctionnaires ont exigé mercredi le paiement intégral de leur salaire, réduit de 50 % depuis janvier, dès ce mois de mai, tandis que le gouvernement espérait gagner du temps jusqu’à la fin 2018. Les syndicats menacent à nouveau de cesser le travail.

Dès le mois de mars, certains dirigeants des syndicats des fonctionnaires l’avaient laissé entendre : le mois de mai serait le juge de paix de la réussite de l’accord trouvé avec le gouvernement pour mettre fin aux grèves du premier trimestre 2018. Ils ont tenu parole : mercredi 23 mai, les fonctionnaires ont demandé, lors d’une assemblée générale à N’Djamena, le paiement de leur « salaire intégral », dès le mois de mai.

« Les travailleurs […] exigent que leur salaire intégral soit payé à partir de ce mois de mai », a déclaré en assemblée générale Michel Barka, de l’Union des syndicats du Tchad (UST) et porte-parole de la « plateforme syndicale revendicative ». Celle-ci avait organisé deux mois de grève dans le public entre janvier et mars.

« Si on nous y oblige, on va y aller »

En janvier, le gouvernement avait coupé de 50 % les primes et indemnités des fonctionnaires, déjà réduites de 50 % en 2016. En moyenne, un fonctionnaire a perdu environ un tiers de ses revenus depuis 2016, selon Michel Barka. Mi-mars, gouvernement et syndicats du Tchad étaient parvenus à un accord pour mettre fin à la paralysie du secteur public. Il proposait de mettre fin aux coupes des primes et indemnités fin mai.


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Mais, pour des raisons budgétaires, le président Idriss Déby Itno (IDI) a demandé aux fonctionnaires d’attendre jusqu’à la fin de l’année la régularisation de leur salaire, lors d’une rencontre avec leurs représentants la semaine dernière. « Nous ne voulons pas aller à la grève mais si on nous y oblige, on va y aller », a affirmé Michel Barka qui affirme qu’IDI sacrifie la situation sociale car il a « besoin d’argent pour les législatives » prévues en novembre.

Une nouvelle rencontre avec le chef de l’État est prévue vendredi 25 mai.

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