Vie des partis

Maroc : au PAM, les opposants à Ilyas El Omari aiguisent leurs armes

Ilyas El Omari, secrétaire général du Parti authenticité et modernité et président de la région d'El Hoceima. © Alexandre Dupeyron pour JA

Accusé de vouloir imposer un de ses fidèles à sa place, le chef du premier parti d'opposition fait face à une fronde interne qui entend contrer ses desseins supposés lors du prochain Conseil national, prévu le 26 mai. La bataille s'annonce rude.

Extraordinaire. La session du Conseil national du Parti authenticité et modernité (PAM), prévue le 26 mai, le sera sur tous les plans. Elle l’est d’abord parce que le Conseil national, le parlement du parti, s’était déjà réuni en octobre dernier. Mais elle l’est surtout parce qu’elle devrait voir l’élection d’un nouveau secrétaire général, alors qu’une telle succession a généralement lieu lors d’un Congrès qui renouvelle également le Conseil national et le Bureau politique.

C’est que la situation est, elle aussi extraordinaire. La deuxième force politique du pays après les islamistes (105 députés, 5 présidents de région) est en crise de leadership depuis l’annonce de la démission d’Ilyas El Omari en août dernier. D’autant plus que cette démission est restée suspendue, malgré la tenue en octobre d’une session du Conseil national qui s’est contentée de créer une commission pour préparer de nouvelles élections.

Et cette dernière n’a fixé qu’un seul et unique point à l’ordre du jour du conclave du 26 mai : l’élection d’un nouveau secrétaire général. Aucune autre modification des instances du parti n’est prévue. Une décision considérée par les détracteurs d’Ilyas El Omari comme une manœuvre de ce dernier pour s’assurer « une succession sur mesure », en imposant un de ses fidèles.

« Des spéculations vides de sens « , selon l’entourage du chef démissionnaire. Son seul souhait – et c’est bien un souhait et non une directive, précise notre source – est que le prochain secrétaire général soit un jeune, femme ou homme. 

Le front du refus

Bien qu’aucun prétendant au poste ne se soit encore officiellement déclaré, plusieurs figures emblématiques du parti s’insurgent. Hassan Benadi, ancien syndicaliste qui a été l’un des fondateurs du PAM en 2008, préconise une direction collégiale en attendant la tenue d’un Congrès, et plaide pour une révision de toutes les instances du parti à cette occasion.

C’est une nouvelle manœuvre pour faire à nouveau main basse sur le parti

« Après notification officielle de la fin de la mission du secrétaire général démissionnaire, il faut confier la gestion du parti à la présidence du Conseil national. Il est également possible de créer, à côté de la présidence, un comité consultatif des fondateurs pour gérer une période limitée de transition, sauf en cas de force majeure », argumente Hassan Benaddi.

De son côté, Ali Belhaj va plus loin dans sa critique. Le fondateur d’Alliance des libertés – un des petits partis qui ont constitué le noyau dur du PAM à sa création – appelle à la constitution d’une commission provisoire, et se livre à une violente charge dans un texte diffusé sur les réseaux sociaux : « Au moment où l’espoir semble renaître, où une page pourrait être tournée, des rumeurs persistantes laissent présager le pire : dans l’heure qui suit la démission de l’actuel secrétaire général [Ilyas El Omari, ndlr], l’élection d’un nouveau secrétaire général dans la précipitation. C’est une nouvelle manœuvre pour faire à nouveau main basse sur le parti. La ficelle est grosse ! »

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