Politique

Rwanda-France : tech, Francophonie, Union africaine… Les enjeux de la visite de Paul Kagame à Paris

Les présidents Paul Kagame et Emmanuel Macron à New York, lundi 18 septembre. © Twitter - Présidence rwandaise

Le président rwandais et président de l’UA effectue ce 23 mai sa première visite en France depuis 2015. Après un déjeuner avec des acteurs du monde de la technologie et un entretien avec Emmanuel Macron, Paul Kagame se rendra jeudi au salon VivaTech en compagnie de son homologue français.

Trois ans que le président rwandais ne s’était pas déplacé à Paris. Lors de sa dernière visite, en 2015, il avait assisté à une réunion de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), durant laquelle il avait reçu un accueil mitigé de la part de certains manifestants. Paul Kagame, désormais président de l’Union africaine (UA), sera reçu ce mercredi 23 mai à Paris par Emmanuel Macron, qu’il a déjà rencontré à deux reprises depuis l’arrivée au pouvoir de son homologue français en mai 2017.

Le dossier OIF

Le chef de l’État français réunit ce 23 mai à l’Élysée, à l’occasion d’un déjeuner, un panel d’acteurs du secteur numérique, parmi lesquels Mark Zuckerberg, patron de Facebook, mais aussi plusieurs hommes d’affaires dont le Soudanais Mo Ibrahim, président de la fondation qui porte son nom, et le Nigérian Tony Elumelu. À la veille de l’ouverture du salon Viva Technology, où les start-up africaines seront cette année à l’honneur, Emmanuel Macron a placé ce rendez-vous sous le signe de la coopération dans le domaine économique et du rôle des technologies dans le développement économique du continent africain. Les deux chefs d’État visiteront ensemble jeudi matin le salon où six pays africains (l’Afrique du Sud, le Maroc, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal et la Tunisie) ont un pavillon.

D’autres dossiers seront au menu d’un entretien bilatéral prévu mercredi après-midi. L’un des sujets du moment, la potentielle candidature de Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, pour succéder à Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sera abordé.


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L’élection doit avoir lieu lors du 17e sommet de l’organisation à Erevan les 11 et 12 octobre prochains et Paris verrait d’un bon œil la candidature de la chef de la diplomatie rwandaise pour remplacer la Canadienne élue en 2014. Le bilan de cette dernière à la tête de l’OIF ne ferait pas l’unanimité au sein de l’organisation et les relations avec l’Élysée seraient perfectibles. À Paris, une source bien informée confirmait d’ailleurs il y a quelques semaines à JA qu’un accord sur la candidature de Louise Mushikiwabo existe désormais entre Emmanuel Macron et Paul Kagame.

Macron à l’UA en juillet ?

Ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement depuis près de dix ans, Louise Mushikiwabo apparaît comme un pilier du régime rwandais. Elle est aussi un rouage essentiel dans le projet de réformes porté par Paul Kagame à l’Union africaine, que le chef de l’État rwandais préside cette année.

Des réformes dont elle sait « arrondir les angles » auprès des pays réticents, dit-on dans les couloirs de l’organisation panafricaine. Emmanuel Macron, qui perçoit d’un bon œil ces réformes, souhaite profiter du mandat de Paul Kagame à la tête de l’UA pour améliorer les relations entre Paris et Kigali. Et le sujet pourrait également faire partie des discussions entre les deux hommes. À l’Élysée, on évoque même la possibilité d’un passage d’Emmanuel Macron lors du sommet semestriel de l’organisation panafricaine, début juillet à Nouakchott.

Si d’un côté comme de l’autre on refuse de parler de normalisation, la visite du président rwandais marque la suite d’un « dégel » des relations franco-rwandaises amorcé avec l’arrivée de l’administration Macron.

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