Diplomatie

Maroc-Algérie : la guerre verbale continue sur fond de rupture diplomatique avec l’Iran

Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères marocain, ici à l'ONU en septembre 2017. © Frank Franklin II/AP/SIPA

Le Maroc accuse indirectement Alger d'avoir joué un rôle dans une livraison d'armes iraniennes au Polisario. Alger dénonce des propos infondés.

Et ça repart entre le Maroc et l’Algérie. Les autorités algériennes ont convoqué, mercredi 2 mai, l’ambassadeur du Maroc à Alger, Lahcen Abdelkhalek, afin de rejeter les accusations selon lesquelles Alger aurait joué un rôle dans le soutien militaire qu’aurait apporté Téhéran au Front Polisario, indique l’agence de presse algérienne APS.

Mardi 1er mai, en annonçant la rupture unilatérale par le Maroc de ses relations diplomatiques avec Téhéran, le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, avait indirectement mis en cause l’Algérie en déclarant que son pays détient des preuves irréfutables concernant une première livraison d’armes qui a été récemment fournie au Polisario, via un responsable de l’ambassade iranienne à Alger.

Les autorités algériennes ont par la suite réagi en réfutant « des propos totalement infondés », tenus par le ministre marocain et qui mettent indirectement en cause l’Algérie dans ce transit d’armes.

Tirs croisés

Prêts à l’escalade, les Marocains ont immédiatement répliqué en déclarant que « le Maroc comprend l’embarras de l’Algérie, son besoin d’exprimer sa solidarité avec ses alliés du Hezbollah, de l’Iran et du Polisario et sa tentative de nier son rôle occulte dans cette action contre la sécurité nationale du Maroc ».


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Les diplomates marocains estiment que le conflit du Sahara a été fomenté par Alger et que ce pays doit participer directement aux négociations onusiennes pour sa résolution. En avril, à la veille de la réunion du Conseil de sécurité qui a prorogé le mandat de la Minurso de six mois, le roi du Maroc avait ouvertement accusé l’Algérie d’abriter et de financer les indépendantistes du Polisario. Mais Alger s’était délesté de toute responsabilité dans ce conflit, renvoyant dos à dos le Maroc et le Polisario.

D’ici octobre, l’émissaire du secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, doit enclencher une nouvelle manche de négociations pour « en finir une fois pour toute avec con conflit historique », selon le vœu d’Antonio Guterres.

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