Maroc : les candidats à la présidence de la CGEM battent campagne

Par - à Casablanca

Réunion du Conseil national de l'entreprise, le 6 février 2018. © CGEM

À moins de trois semaines des élections pour la présidence de la CGEM, les deux binômes ont entamé leur campagne électorale. Une nouveauté dans le royaume : jusque-là, les patrons ont toujours avalisé une candidature unique.

Pour la première fois, ce n’est pas un candidat unique, mais deux duos qui se présenteront le 22 mai prochain devant les patrons marocains adhérant à la CGEM. Et pour convaincre leurs potentiels électeurs, les deux binômes confirmés, Salaheddine Mezouar et Faïçal Mekouar d’un côté et Hakim Marrakchi et Assia Benhida Aïouch de l’autre, sont entrés en campagne et multiplient les interviews sur les supports de la presse économique du pays et les escales à travers les différentes régions à la rencontre des entrepreneurs.

« Nous avons entamé une tournée régionale depuis quelques jours. Nous avons rencontré les entrepreneurs de Fès, Meknès, Tanger, Tétouan, Rabat, Agadir, Laâyoune et Dakhla », détaille Faïçal Mekouar, colistier de Salaheddine Mezouar et président de la filiale marocaine du grand cabinet d’audit Fidaroc Grant Thornton. Ce dernier explique avoir pu discuter avec les différentes fédérations sectorielles dans l’optique de cerner les besoins et les attentes de chacune d’entre elles. « Suite à notre tournée régionale, je peux d’ores et déjà témoigner de l’adhésion et de la sympathie d’un très grand nombre d’adhérents pour notre candidature », se réjouit Faïçal Mekouar.

Tournée régionale

Ce dernier, qui ne rate pas une occasion pour mettre l’accent sur la « complicité intellectuelle » qui s’est installée entre lui et Salaheddine Mezouar, explique que la préoccupation majeure, actuellement, c’est le chômage des jeunes. « Nous plaidons pour l’établissement d’un pont entre le monde universitaire et le monde de l’entreprise », indique Faïçal Mekouar. Le binôme veut aussi positionner la CGEM, en cas de victoire le 22 mai prochain, au centre du nouveau modèle de développement économique et social que le pays est en train de tracer sous la surveillance du souverain.

L’autre duo a lui aussi entamé une tournée des 12 régions du Maroc. Le plan d’action de Hakim Marrakchi et de sa colistière Assia Benhida Aïouch sera ensuite complété par les suggestions des opérateurs rencontrés, comme nous l’explique le candidat à la présidence de la CGEM.

Hakim Marrakchi profite de cette campagne pour rappeler son passé d’entrepreneur et chef d’entreprise, pour légitimer sa candidature auprès des autres patrons – et tacler au passage son concurrent direct, à qui quelques membres de la CGEM ont reproché un éloignement du secteur privé depuis plusieurs années.

9 000 votants

Le binôme Marrakchi-Aïouch n’hésite pas à lancer d’autres piques à son adversaire, notamment sur les réseaux sociaux. Dans un tweet, publié vendredi 27 avril, Hakim Marrakchi souhaite voir une « CGEM forte », mais surtout « indépendante du politique ». Même si le dirigeant de Maghreb Industries a expliqué, ultérieurement, qu’il ne visait personne en particulier, le message semblait bel et bien adressé à son concurrent Salaheddine Mezouar, membre du bureau politique du RNI et ancien président du parti de la colombe.

En cas d’élection, Hakim Marrakchi affiche son ambition de mettre en place un « comité de transformation » pour réfléchir au rôle que pourrait jouer la CGEM dans l’élaboration du nouveau modèle économique et social du Maroc. « Nous voulons faire de la CGEM un acteur influent dans le débat public sur les sujets qui engagent l’avenir des entreprises et des entrepreneurs », affirme l’ancien vice-président de la CGEM, entre 2009 et 2012, aux côtés de Mohamed Horani.

Le 22 mai prochain, les quelque 9 000 voix des adhérents de la CGEM devront départager les deux binômes et mettre fin à une campagne qui risque de laisser des traces.

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