Terrorisme : le Soudan doit « mettre fin » à tout lien avec Pyongyang pour sortir de la liste noire américaine

Par AFP

Le président soudanais Omar el-Béchir lors d'un discours à Djouba en janvier 2014. © Ali Ngethi/AP/SIPA

Le Soudan doit "mettre fin à tout lien commercial" avec la Corée du Nord avant que des pourparlers puissent commencer pour retirer Khartoum de la liste noire américaine du "terrorisme", a déclaré lundi un haut responsable américain sous couvert d'anonymat.

Le Soudan et la Corée du Nord n’ont plus de relations diplomatiques depuis des années, mais certains groupes de défense des droits de l’Homme affirment que les deux pays entretiennent une coopération militaire.

Pour Washington, le Soudan doit fournir une assurance complète qu’il a coupé ses relations avec Pyongyang. « Avant tout, il est important de mettre fin à tout lien commercial avec la Corée du Nord », a déclaré à l’AFP un haut responsable américain, qui a demandé l’anonymat.

« Plus de business, point. Donnez-nous la preuve que vous l’avez effectivement arrêté. Voilà ce qu’ils doivent faire », a-t-il ajouté.

« Le Soudan confirme n’avoir aucune relation avec la République populaire démocratique de Corée », a déclaré le ministère soudanais des Affaires étrangères dans un communiqué publié dimanche.

Levée de l’embargo commercial

Washington a levé en octobre son embargo commercial imposé à Khartoum et vieux de plusieurs décennies, mais a maintenu le Soudan sur sa liste des « États soutenant le terrorisme », qui inclut notamment la Corée du Nord, la Syrie et l’Iran.

Selon les responsables soudanais, cela empêche le commerce entre banques internationales et soudanaises et freine la reprise économique du pays, confronté à une inflation persistante, une dette élevée et la perte de revenus pétroliers.

Khartoum affirme qu’il s’est engagé à respecter toutes les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU contre la Corée du Nord.

En 1997, Washington avait imposé des sanctions au Soudan, accusé de soutien aux groupes militants islamistes. Le fondateur d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, a vécu au Soudan entre 1992 et 1996.

Après des décennies de relations diplomatiques tendues, les relations entre Washington et Khartoum se sont améliorées sous la présidence de Barack Obama, puis avec la levée des sanctions par Donald Trump, l’année dernière.

Les finances du pays ont été sévèrement touchées après l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, privant le nord d’environ 75% des revenus pétroliers soudanais.

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