RDC – Affaire Tshibangu : la défense dément tout financement de Moïse Katumbi

Par Jeune Afrique

L'opposant Moïse Katumbi lors du lancement de sa plateforme électorale "Ensemble pour le changement", le 12 mars 2018. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Les avocats de John Tshibangu ont apporté jeudi « le démenti le plus total » aux déclarations dans Jeune Afrique du général Delphin Kahimbi, chef du service de renseignement militaire, qui avait accusé l’ancien colonel de l’armée congolaise d’avoir été financé par l'opposant Moïse Katumbi.

« John Tshibangu n’est pas un détenu comme les autres, c’est un cas très sérieux », avait déclaré à Jeune Afrique le général Delphin Kahimbi. Aux yeux du patron du renseignement militaire, l’ancien colonel de l’armée congolaise aurait « cité à trois reprises le nom de M. Moïse Katumbi parmi ceux qui ont financé sa tentative de déstabilisation des institutions ».

Des accusations niées par la défense de l’intéressé, qui réfute dans un communiqué du 26 avril (en bas de l’article) tout « prétendu financement ou bien relation quelconque entre le Colonel John Tshibangu et Monsieur Moïse Katumbi, ou de tout autre responsable politique congolais ».

Des problèmes de santé

Extradé le 5 février à Kinshasa, après son arrestation à l’aéroport de Dar es-Salaam en Tanzanie, John Tshibangu séjourne depuis dans un cachot du renseignement militaire de la RDC, l’ex-Démiap (Détection militaire des activités anti-patrie). « Jusqu’à ce jour, ses avocats n’ont pas le droit de le rencontrer, ni sa famille », dénoncent ses avocats.

« Seuls la Croix-Rouge, puis le Bureau des Droits Humains de la Monusco (Nations unies), le 19 avril 2018 pour ce dernier, ont pu visiter le Colonel John Tshibangu. Ils ont constaté qu’il souffrait de troubles oculaires et qu’il n’avait pas non plus accès à un médecin », écrivent-ils.

Dans le viseur du régime

Un traitement assumé par le général Delphin Kahimbi, qui déclarait dans Jeune Afrique que l’ancien colonel « a entretenu des contacts très dangereux et a eu des connexions avec des groupes armés et terroristes dans l’est de la RDC ». « Ce serait imprudent d’autoriser qu’il entre en contact avec des tiers qui pourraient lui passer des consignes », avait-il estimé.

Depuis sa désertion fracassante de l’armée congolaise en 2012, John Tshibangu est dans le viseur des autorités de Kinshasa. D’autant que l’ancien officier faisait régulièrement part de son intention de renverser par les armes le régime du président Joseph Kabila. En janvier 2018, il s’était de nouveau rappelé au souvenir des Congolais, en diffusant une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il donnait un ultimatum de 45 jours au président Kabila.

© Communiqué des avocats de John Tshibangu du 26 avril.

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