Afrique du Sud : un adolescent tué par la police lors de manifestations anticorruption

Par Jeune Afrique avec AFP

Un policier sud-africain face à des pneus brûlés, dans le township de Ennerdale, à Johanesburg, en Afrique du Sud, le 11 mai 2017. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Un adolescent a été tué par balle lundi soir par la police sud-africaine, lors de nouvelles manifestations violentes dans le nord-ouest du pays. Celles de la semaine dernière avaient provoqué le retour précipité au pays du président Cyril Ramaphosa.

La victime en question, un garçon de 16 ans, « a été tuée par balle par la police », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la « police des polices », Moses Dlamini. Ce dernier a précisé que ses services enquêtaient sur les circonstances de sa mort.

D’après Sabata Mokgwabone, porte-parole local de la police, le jeune homme « a été retrouvé mort pendant des manifestations violentes hier soir [lundi 23 avril, ndlr] à Taung [nord-ouest de l’Afrique du Sud] ».

Un Premier ministre dans le viseur

Depuis la semaine dernière, la province du Nord-Ouest est secouée par de violentes manifestations contre le manque de services publics et contre la corruption. Les protestataires exigent notamment la démission du Premier ministre de la province, Supra Mahumapelo, connu pour ses liens avec l’ancien président Jacob Zuma.

Signe de la gravité de la situation, le président Ramaphosa a écourté sa participation à un sommet du Commonwealth à Londres, pour se rendre dans la ville de Mahikeng, chef-lieu du Nord-Ouest, où des affrontements ont opposé manifestants et forces de l’ordre.

Des bavures policières ?

Sur place, le chef de l’État sud-africain a notamment promis « d’agir aussi vite que possible pour apporter une réponse à tous les problèmes ». Il a aussi exigé de la police qu’elle fasse preuve « de la plus grande retenue » dans l’exercice de ses fonctions. Plusieurs personnes ont affirmé dans la presse locale, photos à l’appui, avoir été blessées par les forces de l’ordre.

Le week-end a été calme à Mahikeng, mais la colère s’est propagée lundi à une autre ville de la province, Taung, située à près de 300 kilomètres plus au sud. Des violences y ont opposé des manifestants et la police, qui a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc, selon les médias locaux. Des magasins ont été pillés et des bâtiments incendiés. Mardi, des manifestants ont de nouveau barré une route nationale, rapporte Sabata Mokgwabone.

« Une clique égoïste »

L’Afrique du Sud est coutumière de ces brusques flambées de violence urbaine, désignées sous le nom « d’émeutes pour l’amélioration des services publics ». Mais le déplacement d’un président pour ce genre d’incidents reste exceptionnel.

« Notre jeune démocratie a été prise en otage par une clique égoïste déterminée à accumuler le plus de richesses possible, tandis que la majorité de la population est sans emploi », a dénoncé mardi le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA).

Les accusations contre Supra Mahumapelo sont « multiples », a-t-il ajouté, citant l’attribution récente d’une bourse universitaire de 1 million de rands (près de 70 000 euros) au fils du Premier ministre de la province, « l’effondrement du système de santé » et l’achat de bétail pour un million de rands destiné à Jacob Zuma.

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