Start-up de la semaine : en Tunisie, Consequat Technologies mise sur l’accompagnement des travailleurs détachés

Mohamed Hatem Zaibi, fondateur de Consequat technologies. © DR

La start-up tunisienne Consequat Technologies s'est spécialisée dans l'envoi de professionnels diplômés et expérimentés vers l'Union européenne, mais aussi l'Algérie et la Libye. Selon son fondateur, Mohamed Hatem Zaibi, elle se distingue dans son secteur par le suivi proposé aux travailleurs détachés.

« Les compétences tunisiennes, notamment celles des ingénieurs expérimentés, sont sollicitées par beaucoup d’entreprises étrangères. Et parfois, certaines ne s’embarrassent pas des conditions légales et des coûts que cela implique », assure Mohamed Hatem Zaibi, directeur général de Consequat Technologies, une start-up tunisienne proposant des prestations en ressources humaines. « Il y a eu beaucoup de mauvaises expériences, de travailleurs qui sont venus en Europe avec un visa de touriste et qui ensuite ont été coincés parce qu’ils avaient dépassé la limite légale de 90 jours sur le sol européen, ou encore qui ne parviennent pas à se loger », poursuit le trentenaire qui estime à 1 800 euros par travailleur le coût des procédures légales – une mission sous-traitée à une agence extérieure.

S’il affiche une solide détermination à contrer ces dérives et à miser sur la satisfaction des salariés, dont son cabinet se propose d’accompagner la carrière, le jeune homme assure que son activité a pâti de l’image qu’a donnée au métier de cabinet de recrutement l’accumulation des mauvaises expériences. « De ce fait, ce n’est pas vraiment de clients dont on manque, mais plutôt d’ingénieurs diplômés et ayant au moins trois à cinq ans d’expérience, dans le domaine de l’informatique et de l’aéronautique », explique-t-il.

Accompagnement

Diplômé en marketing par l’École supérieure de commerce de Tunis, Mohamed Hatem Zaibi cumule sept ans d’expérience dans le consulting en recrutement et ressources humaines. L’année dernière, l’un de ses anciens employeurs lui a proposé un financement de 30 000 euros pour l’aider à se mettre à son compte. En novembre 2017, il a donc commencé à plancher sur son projet, auquel il voulait donner « une forte responsabilité sociétale ». Consequat Technologies est née officiellement le 24 janvier 2018.

Pour développer son entreprise, le Tunisois a aussi pu s’appuyer sur une connaissance, Wahida Labidi. « Nous ne nous connaissions pas très bien, mais étions en contact via le réseau social Facebook. C’est comme ça que j’ai appris qu’elle ouvrait un incubateur de start-up, 111-CoThink. Je lui ai donc soumis un dossier, qui a été accepté », indique-t-il, satisfait de pouvoir bénéficier depuis le 8 janvier « du réseau, de l’accompagnement, des échanges et de l’appui juridique » que propose la structure. Lui-même y propose ses services de coaching à destination des autres start-upers.

Très demandé, le jeune cabinet peut se permettre d’être sélectif. « Nous ne prenons des dossiers que si nous estimons que ce sera du long terme », précise Mohamed Hatem Zaibi, en expliquant que le plus souvent « les ingénieurs sont employés en tant que travailleurs détachés pendant trois à six mois, avant de se voir offrir un CDI ». De son côté, Consequat Technologies, qui a passé une convention avec les résidences Appart’Hôtel, leur propose un logement pour toute la durée du détachement et des réunions hebdomadaires pour faire le point sur leur mission et sur l’orientation de leur carrière.

Faibles charges

Questionné sur l’éventualité que ce placement se passe mal pour l’un de ses protégés, Mohamed Hatem Zaibi n’y croit pas : « Les candidats sont soigneusement sélectionnés : ils passent quatre entretiens avant d’être recrutés. Et s’il est vrai qu’aujourd’hui les universités ne forment pas particulièrement à l’intégration dans l’entreprise, nous nous efforçons de pallier cette lacune par de l’accompagnement », assure-t-il.

Nous avons très peu de frais et de charges, à peine 2 200 euros par mois, ce qui fait qu’il nous suffit de placer deux personnes pour atteindre l’équilibre », assure le chef d’entreprise

Si la jeune entreprise n’a encore placé qu’une poignée de personnes, auprès de sociétés françaises mais aussi en Algérie et en Libye pour le compte du groupe tunisien Segitec, son directeur général est serein : « Nous avons très peu de frais et de charges, à peine 2 200 euros par mois, ce qui fait qu’il nous suffit de placer deux personnes pour atteindre l’équilibre », assure le chef d’entreprise qui affiche un objectif de 15 placements par an.

Pour l’instant épaulé par un stagiaire, il compte en recruter deux autres pour l’été et envisage leur intégration dans l’entreprise au terme de cette période, « si tout va bien ». Mais si Consequat Technologies envisage de s’étendre du Maghreb vers l’Afrique subsaharienne, l’entrepreneur veut aller à son rythme. « À l’heure actuelle, je ne vois pas l’intérêt d’une levée de fonds », confie-t-il.

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