Nigeria : quatre morts dans un double attentat-suicide dans le nord-est

Par AFP

Des combattants du groupe jihadiste nigérian Boko Haram ont pris le contrôle d'une ville du nord-est du pays entre samedi et dimanche 25 et 26 novembre 2017, pillant des réserves de nourriture et faisait fuir les habitants, avant que l'armée ne les chasse. © AFP / Stefan Heunis

Au moins quatre fidèles ont été tués dans un double attentat-suicide à l'intérieur d'une mosquée dans le nord-est du Nigeria, où le groupe islamiste Boko Haram mènent une insurrection sanglante.

Un premier bilan faisait état de trois morts sur le coup, mais une personne grièvement blessée est décédée à l’hôpital.

Deux kamikazes – un homme et une femme – ont déclenché leur ceinture d’explosif samedi pendant les prières du matin à Bama, dans l’État de Borno.

« Vers 5h30 du matin, un homme et une femme kamikazés se sont fait exploser dans une mosquée alors que les gens priaient, tuant trois personnes », a déclaré à l’AFP Baba Shehu Gulumba, président du gouvernement local de Bama, joint par téléphone.

Un officier militaire en poste à Bama a confirmé sous couvert d’anonymat le bilan de trois morts, précisant que neuf personnes avaient également été blessées lors des explosions.

« Certains des blessés sont dans un état critique (…) ils ont été transférés à Maiduguri pour une meilleure prise en charge », a-t-il ajouté.

Programme de retour

Ce double attentat intervient alors que les habitants de Bama déplacés par le conflit avec Boko Haram avaient commencé à rentrer chez eux, quatre ans après la destruction de la ville par les jihadistes.

Début avril, une première vague de 1200 personnes avaient ainsi été convoyées sous escorte militaire dans leur ville, dans le cadre d’un vaste programme de retour lancé par les autorités.

Les jihadistes s’étaient emparé en septembre 2014 de Bama, carrefour commercial stratégiquement situé près de la frontière avec le Cameroun, et deuxième agglomération de l’État du Borno avec près de 270 000 habitants.

La plupart des habitants avaient fui à Maiduguri, la capitale régionale, rejoignant des camps surpeuplés et sous perfusion de l’aide humanitaire internationale, ou accueillis par la population locale.

Même après la reprise de la ville par l’armée en mars 2015, ils n’étaient pas rentrés chez eux, en raison de l’insécurité persistante et des dommages causés par les insurgés, Bama ayant été détruite à 85%.

Le nord-est du Nigeria a été dévasté par l’insurrection des islamistes qui a fait au moins 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

L’attaque meurtrière de samedi démontre une nouvelle fois que les jihadistes conservent une capacité de nuisance importante et sont loin d’être vaincus, comme l’a répété à maintes reprises le gouvernement d’Abuja.

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