Gabon : Libreville lance un fonds public pour la décentralisation

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président gabonais Ali Bongo, à Paris, le 15 novembre 2015. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a lancé samedi à Franceville un fonds public pour la décentralisation administrative, qui se veut "un levier au service du développement des territoires".

« La décentralisation n’est pas une option, c’est une nécessité », a affirmé samedi le président gabonais, selon son discours transmis à l’AFP.

Le « Fonds d’initiative départementale » (FID), de 1 milliard de francs CFA (1,5 millions d’euros) par département, doit répondre à « l’impérieuse nécessité de coproduire la décision, entre l’Etat et les acteurs de terrain », selon le président gabonais.

D’un montant total de 50 milliards de francs -48 milliards pour 48 départements, et deux pour des « frais de gestion »-, le FID va « changer en profondeur l’organisation de la gouvernance », selon une source de la présidence à l’AFP.

A l’annonce de la création du FID en janvier, des interrogations étaient apparues, dans la presse, à propos de la capacité de financement du gouvernement de cette réforme, dans la mesure où le dernier rapport du FMI, publié fin décembre, soulignait d’ »importants besoins bruts de financement » au Gabon et « une gestion de la trésorerie faible ».

« Les leçons du passé doivent être tirées »

Le ministre de l’Économie, Régis Immongault, avait à l’époque rassuré sur les capacités du gouvernement à financer ce projet, et asséné que le FID « ne rentre pas dans le cadre d’une quelconque échéance électorale« .

Des élections législatives, déjà reportées deux fois, sont prévues au Gabon avant fin avril. Elles n’ont pas encore été convoquées, et l’organe devant les organiser, le Centre gabonais pour les élections (CGE) n’est pas encore en place.

Samedi, Ali Bongo Ondimba a estimé que « les leçons du passé doivent être tirées » en terme de décentralisation, dénonçant une « gestion subjective et calamiteuse par les leaders politiques provinciaux qui, dans bien des cas, ne se sont jamais souciés des vraies préoccupations et besoins des populations locales ».

La décentralisation au Gabon a maintes fois été annoncée par le passé au travers de lois, réformes et autres fonds d’appui locaux. Le dernier projet en date est le programme « Appui aux réseaux territoriaux pour la gouvernance locale et le développement du Gabon » (Art-GOLD, financé par l’ONU et le Gabon), lancé en 2012.

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