Tunisie : qui est Yosra Frawes, la nouvelle présidente de l’Association des femmes démocrates ?

Le 12e congrès de l'Association tunisienne des femmes démocrates. à Tunis, le 13 avril 2018, qui s'est clôturé dimanche. © Wikimedia Commons/Omegatak

Désignée présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) ce dimanche, Yosra Frawes, avocate et militante pour la défense des droits humains, également à la tête de la section tunisienne de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), sera chargée d'un dossier prioritaire : l'égalité des femmes dans l'héritage.

À l’issue de son 12e congrès, dimanche 15 avril, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) s’est dotée d’un nouveau bureau et d’une nouvelle présidente. C’est à Yosra Frawes qu’incombe la charge de succéder à Monia Ben Jemia, la présidente sortante.

La désignation de Yosra Frawes à la tête de l’ATFD, fondée en 1989 dans le sillage du mouvement féministe tunisien, prend une dimension symbolique. Celle du passage de relais entre la génération des fondatrices et celle des plus jeunes, qui a néanmoins évolué dans la mouvance du combat pour les droits des femmes.

Impliquée dans la mise en place d’une démocratie

À 42 ans, cette avocate spécialiste en droit des affaires s’est surtout distinguée par son militantisme et ses positions de défense des droits humains, qui l’ont conduite à mener la section tunisienne de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). Avec des convictions de gauche, qui la positionne dans une proximité avec le Front populaire, Yosra Frawes s’est surtout impliquée dans la mise en place de la démocratie dès la chute de Ben Ali.

Membre de plusieurs organisations citoyennes, dont l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD), Yosra Frawes a mis, en 2011, son expertise juridique au service de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, en qualité d’experte juridique, avant de se consacrer à dénoncer les abus et les inégalités en matière de droits humains.

Elle a participé à la libération de Jabeur Mejri, accusé d’ « atteinte à la morale, diffamation et perturbation de l’ordre public » pour avoir publié des caricatures du prophète sur les réseaux sociaux en 2012. Elle n’a eu de cesse, également, de dénoncer les dépassements liberticides.

L’égalité des femmes dans l’héritage, le dossier prioritaire

L’ancienne étudiante qui a fait ses premières armes de militante dans le réseau des syndicats étudiants, affirme, en faisant allusion aux islamistes, que « les forces obscurantistes n’ont jamais cédé à leur projet sociétal » et qu’elle sera au premier rang dans la bataille pour l’égalité entre les Tunisiennes et les Tunisiens, notamment en matière d’héritage.

Les femmes ont encore du chemin à faire en matière de droits », souligne-t-elle

En s’appuyant sur les principes d’égalité inscrits dans la Constitution, le président Béji Caïd Essebsi a lancé une consultation pour entamer cette réforme, mais de nombreux Tunisiens y sont opposés.


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Ce dossier sera prioritaire pour Yosra Frawes et son équipe mais elle consacrera aussi son mandat à des sujets cruciaux comme l’éducation, les conditions des femmes vivant dans des zones rurales, l’application des lois, dont celle contre la violence faite aux femmes et plus généralement les discriminations dont elles sont encore victimes. « Les femmes ont encore du chemin à faire en matière de droits », assène la parfaite arabophone qui doit contribuer à marquer l’essai des égalités totales.

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