Burkina : le groupe État islamique dans le grand Sahara revendique l’enlèvement d’un enseignant

Par Jeune Afrique avec AFP

Un soldat burkinabè des Forces armées nationales (FAN) lors d'une patrouille en décembre 2016 (illustration). © DR / DCRPA Burkina Faso

Un maître d'école a été enlevé la semaine dernière dans le nord du Burkina, a-t-on appris mardi. Le rapt a été revendiqué par le groupe État islamique dans le grand Sahara (EIGS).

L’enseignant de l’école primaire de Bouro, dans la commune de Nassoubou, a été kidnappé jeudi 12 avril par des individus armés, selon des sources sécuritaires et une autorité locale, citées par l’AFP. Le groupe EIGS, basé à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, a revendiqué mardi ce rapt, ainsi que l’assassinat d’un élu du nord du Burkina, dimanche.

Tous ceux qui enseignent en français seront combattus

« Nous revendiquons l’enlèvement le 12 avril d’un maître d’école qui parlait français aux élèves », a déclaré « Hammar », nom de l’un des porte-parole de l’EIGS. « Tous ceux qui enseignent en français » seront « combattus », a-t-il continué.

« Assassinat lâche et ignoble »

Il a également revendiqué au nom de l’EIGS l’assassinat, dimanche, du maire de Koutougou, accusé de « collaborer » avec le gouvernement burkinabè. « Les moudjahidines ont tué Hamid Koundaba, qui travaille contre nous avec l’armée du Burkina Faso, pour les Croisés », a déclaré « Hammar ».

Une source sécuritaire avait indiqué dimanche que le maire avait été « froidement tué par des individus armés et non identifiés », les tueurs « sur des motocyclettes » ayant « ouvert le feu sur lui non loin de son domicile ».

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré avait condamné dans un tweet cet « assassinat lâche ».

L’EIGS est dirigé par Abou Walid al-Sahraoui, un transfuge d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a aussi co-dirigé le Mouvement pour l’unicité du Djihad en Afrique de l’ouest (Mujao), un groupe islamiste malien. Selon nos sources, l’EIGS et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), de Iyad Ag Ghaly – qui a notamment revendiqué l’attaque meurtrière à Ouagadougou, vendredi 2 mars – sont en voie de rapprochement. Les deux chefs jihadistes se seraient notamment rencontrés début décembre dans la région de Kidal.

Leur alliance serait surtout effective dans la zone dite des trois frontières (Mali-Burkina-Niger), où sévit Sahraoui et où la force conjointe du G5 Sahel compte se déployer.

Un nouveau « front » à l’est ?

La région sahélienne du Burkina a déjà subi des enlèvements de fonctionnaires et de conseillers municipaux. Fin mars, un ancien conseiller municipal du village de Lassa avait ainsi été enlevé et conduit vers une destination inconnue, avant d’être relâché quelques jours plus tard.

Le nord du Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est le théâtre d’attaques djihadistes régulières depuis trois ans, qui ont fait 133 morts en 80 attaques, selon un bilan officiel.

Ces dernières semaines, les services de sécurité burkinabè s’inquiètent également de la constitution d’un nouveau « front » jihadiste dans l’est du pays. Fin mars, une petite dizaine de jihadistes présumés, qui tentaient de s’implanter dans une forêt à l’est de Fada N’Gourma, au Burkina, ont été pris en chasse par une patrouille de l’armée.

Ces jihadistes sont notamment suspectés d’être derrière les attaques qui ont coûté la vie à un policier, mi-février, à Natiaboani, et à un agent des eaux et forêts, mi-mars, à Nassougou.

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