Justice

Maroc : le chef de file du « Hirak » accuse la police d’avoir inventé son procès-verbal

Nasser Zefzafi, le chef du Hirak, dans le Rif marocain, conteste la véracité du procès verbal dressé par la police. © Aboussi Mohamed/AP/SIPA

Le leader du mouvement de protestation, qui a agité l'an dernier la ville marocaine d'Al-Hoceïma dans le Rif (nord), a contesté lundi la véracité du procès-verbal dressé par la police judiciaire.

Nasser Zefzafi avait été arrêté en mai dernier, après avoir interrompu le prêche d’un imam hostile au mouvement du « Hirak ». En détention depuis près d’un an, il est l’un des derniers des 54 militants ou sympathisants du mouvement social appelés à la barre depuis mi-septembre devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca.

Ouverte aux médias, l’audience a été marquée par la diffusion d’une conversation téléphonique de l’accusé, datant de mai dernier et en dialecte rifain, dans laquelle il serait question de « complot » et de « financements étrangers », selon le procès-verbal dressé par la police.

« L’imagination de la police judiciaire »

Une version contredite par l’interprète présent à l’audience, qui a traduit en arabe cet échange entre Zefzafi et un certain Abdelaziz. D’après lui, il n’était ni question de « complot » ni de « financements étrangers », mais de la préparation d’un « programme », sans plus de détails.

« Le procès-verbal est le fruit de l’imagination de la police judiciaire (…) ses conclusions sont fallacieuses », a accusé pour sa part un avocat de la défense. « La traduction est erronée et les accusations sont vides », s’est défendu Nasser Zefzafi, poursuivi notamment pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ».

Zefzafi a-t-il été torturé ?

Lors de sa deuxième comparution mardi dernier, il avait affirmé avoir été « torturé » durant son interrogatoire, suscitant une vague de réactions dans le pays.

« La torture signifie qu’il (Zefzafi) a fait des aveux sous la contrainte, ce qui n’est pas arrivé selon ses propres dires et ceux de ses avocats », a réagi à l’AFP un des avocats de la partie civile, Me Abdelkabir Tabih.

« Faire respecter la loi »

La répression du mouvement social a conduit à l’interpellation d’environ 450 personnes, selon le décompte des associations. Des arrestations justifiées par la nécessité de « faire respecter la loi », selon les autorités marocaines, qui ont pointé du doigt les « violences » qui ont fait selon elles plus de 900 blessés au sein des forces de l’ordre.

Des dizaines de peines de prison ont déjà été prononcées à Al-Hoceïma, épicentre du mouvement.

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