Niger : le FMI satisfait des réformes, et notamment de la loi de finance 2018

Par Jeune Afrique

Mahamadou Issoufou en février 2018. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Après une visite au Niger, dans le cadre de la revue du programme de soutien économique, le FMI s'est déclaré satisfait des mesures mises en œuvres par le gouvernement, et notamment la loi de finance 2018, qui devraient permettre au pays d'atteindre la barre des 3 % de déficit budgétaire d'ici 2021.

À l’issue d’une visite au Niger, la mission des services du Fonds monétaire international s’est déclarée satisfaite de « la mise en œuvre du programme du gouvernement soutenu par le FMI au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) ». Le Niger est entré dans ce programme à hauteur d’un montant de 108,6 millions d’euros en janvier 2017. Cette visite intervient dans le cadre de la deuxième revue de cet accord.


>>> A LIRE – Niger : affrontements entre forces de l’ordre et manifestants contre la loi de finances


Selon le Fonds, « la performance macroéconomique globale du Niger reste forte et les réformes, ainsi que le soutien des partenaires techniques et financiers, ouvrent une fenêtre d’opportunité pour les années à venir ». En décembre 2017, le gouvernement avait recueilli des promesses de financement à hauteur de 12,7 milliards de dollars de la part des bailleurs internationaux lors de la « Conférence de la Renaissance » à Paris.

Croissance de 4,9 % en 2017

En 2017, l’activité économique a progressé de 4,9 % en 2017, grâce à un rebond de la production de pétrole et à une forte activité dans les secteurs des BTP et des télécommunications note le FMI. En 2018, la croissance devrait atteindre 5,2 %, à la faveur du dynamisme des secteurs de l’énergie et des services, ainsi qu’à l’activité de de construction liée à la préparation du Sommet de l’Union Africaine de 2019.

Le Fonds salue la réduction du déficit budgétaire, ainsi que le respect des objectifs concernant le financement intérieur et la réduction des arriérés de paiement. Un seul bémol, « les recettes budgétaires ont été inférieures aux niveaux attendus, reflétant en partie la réduction des taxes sur les télécommunications, le report des ventes de licences de télécommunications et des circonstances économiques défavorables échappant au contrôle du gouvernement ». En effet, alors que le gouvernement taxait les appels internationaux entrant depuis 2017, la loi de finance 2018 est revenue sur cette disposition.

Hausse des recettes budgétaires

Grâce « à la bonne performance des recettes budgétaires au premier trimestre 2018 », le solde budgétaire devrait atteindre 4 % du PIB cette année, plaçant le pays « sur la voie de l’atteinte du critère de convergence de l’Uemoa pour le déficit budgétaire global de 3 % du PIB d’ici 2021 », indique l’institution de Washington.

Cet objectif est cependant conditionné au « renforcement systématique des administrations fiscales et douanières ». Parmi les chantiers à venir pour le pays selon le FMI, un meilleur contrôle des dépenses et de l’endettement public, ainsi qu’un approfondissement du secteur financier.


>>> A LIRE – Niger : plusieurs milliers de personnes manifestent à Niamey contre une loi de finances « antisociale »


Ce texte, qui est considéré comme « anti-social » par l’opposition – les manifestations contre la loi de Finance 2018 se poursuivent depuis novembre 2017 -, a pour objectif d’accroître les recettes fiscales et d’améliorer la collecte de l’impôt, à travers la création de nouvelles taxes et l’amélioration du fonctionnement de l’administration. Ces nouvelles mesures devraient permettre de générer environ 47 millions d’euros supplémentaire en 2018, soit 0,6 % du PIB nigérien selon un rapport du FMI de décembre 2017. Les recettes fiscales comptaient pour 13,5 % du PIB en 2016.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici