Politique

Sierra Leone : le nouveau président veut remettre l’administration à l’heure

Julius Maada Bio , président élu au Sierra Leone, dans un bureau de vote de Freetown , le 31 mars 2017. © AP Photo / Cooper Inveen

"Attention à ceux qui ne seront pas au travail à l'heure": le nouveau président de Sierra Leone, Julius Maada Bio, a promis samedi à des milliers de ses partisans "une nouvelle ère" et des fonctionnaires à leur poste dès le début de la matinée.

« Souvent, on dit 08H00, puis on oublie 08H00 », a lancé, sur une tribune dressée au centre du terrain de football du Stade national de Freetown l’ancien général de 53 ans, désigné vainqueur mercredi soir du second tour de l’élection présidentielle face à Samura Kamara, héritier du chef de l’Etat sortant Ernest Bai Koroma.

Vêtu de blanc comme à son habitude, coiffé d’une casquette blanche et verte, les couleurs de son parti, et accompagné de son épouse Fatima, il met en garde « ceux qui ne seront pas au bureau à 08H30 », soulevant une vague de cris d’approbation de la foule, qui a débordé les gradins pour envahir en partie la pelouse.

Ses supporters, chauffés depuis deux heures par des vedettes locales chantant des hymnes à la gloire du nouveau président et de son parti, l’acclament également lorsqu’il réaffirme sa principale promesse de campagne: « l’éducation gratuite pour tous les enfants ».

« Discipline »

Mais l’ancien militaire prévient: dans cette « nouvelle ère » qui commence, il faudra de la « discipline ». « La loi est au-dessus de tout », dit-il, alors que son pays d’Afrique de l’Ouest, l’un des plus pauvres au monde, est gangréné par une corruption endémique.

Remerciant à la fois ses électeurs et « ceux qui n’ont pas voté » pour lui, Julius Maada Bio promet d’être « le président de tous ». Trois jours après avoir prêté serment, il affirme « avoir déjà commencé à travailler » mais avoir « besoin de paix et de tranquillité ».

Répétant à plusieurs reprise le mot d’ordre de son parti –« Un pays, un peuple »–, ce catholique marié à une musulmane s’adresse directement aux autres formations politiques et à leurs partisans. « Les élections sont finies, nous connaissons les résultats. Il est temps d’aller de l’avant », explique-t-il.

« Nous voulons la paix, l’harmonie, la stabilité » pour mettre en œuvre « le progrès économique et social », dit-il.

« Comité multi-partis »

Dans la matinée, le nouveau président avait rencontré, pour la première fois depuis l’annonce des résultats, le candidat malheureux du second tour le 31 mars, Samura Kamara, qui l’avait « félicité », laissant entendre qu’il renonçait à contester les résultats.

Selon un communiqué de la présidence, Julius Maada Bio et Samura Kamara sont convenus de mettre en place un « comité multi-partis » pour répondre, en coopération avec la police et la justice, aux violences qui se sont produites à travers le pays ces derniers jours.

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