Côte d’Ivoire : le parti unifié nommé RHDP et acté avant août ?

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Le parti unifié de la mouvance présidentielle dont la création avait été annoncée par le président Alassane Ouattara, pour « avant la fin 2017 » n’a toujours pas vu le jour en Côte d’Ivoire. Cependant, les choses se précisent, en dépit de quelques réticences de fond et de forme.

Au sortir de son bureau politique du jeudi 5 avril, le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) a annoncé qu’il irait à un congrès extraordinaire, le 5 mai prochain, à Abidjan, « à l’effet d’adopter les projets de textes du parti unifié, tels que arrêtés dans le cadre du comité de haut niveau », comprenant les responsables des six partis membres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Le parti présidentiel a donc décidé de prendre les choses en mains, en vue de mettre davantage la pression sur son principal allié du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié).

Les conditions du PDCI

De fait, le comité de haut niveau du RHDP présidé par le vice-président Daniel Kablan Duncan (PDCI) a bouclé ses travaux depuis plusieurs jours et transmis ses conclusions à Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Il en ressort notamment que le parti unifié sera appelé RHDP, du nom de l’actuelle coalition au pouvoir. Selon plusieurs sources, le PDCI a réussi à imposer certaines conditions.

Les six membres devront joindre le « suffixe » RHDP à leurs logos originels

La première est la mise en place d’une phase transitoire de 18 mois, lors de laquelle le parti sera organisé en fédération de partis, sur le modèle du Rassemblement démocratique africain (RDA). Les six membres que sont le RDR et le PDCI, l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI, d’Albert Toikeusse Mabri), le Mouvement des forces d’avenir (MFA, d’Azoumana Moutayé), le Parti ivoirien des travailleurs (PIT, de Joseph Séka Séka) et l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI, de Brahima Soro) devront ainsi joindre le « suffixe » RHDP à leurs logos originels.

À l’issue de cette période transitoire, ces mêmes partis devront choisir s’ils acceptent de s’auto-dissoudre en faveur du RHDP. Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly espère que cet arrangement permettra d’amener « ceux qui sont pour [le parti unifié, ndlr] à se mettre ensemble et avancer ». Une vision que ne partage pas Guillaume Soro, qui a tenu à le faire savoir, du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, le 3 avril dernier. « Le parti unifié, je l’espère, aura à se construire inclusivement, avait-il répété. Car la division, assurément, fera notre faiblesse. Laissons donc le temps aplanir les différends ».

L’accord d’Henri Konan Bédié

Le document paraphé par le comité de haut niveau doit maintenant être signé par les présidents de parti. Selon certaines sources, Henri Konan Bédié, qui a jusque-là repoussé ce moment, serait désormais enclin à donner son accord. Car l’option validée lui donne encore le temps de manœuvrer en vue d’arriver à son objectif : imposer au RDR, sa volonté de voir « un cadre issu du PDCI » porter le flambeau de la candidature du parti unifié, à la présidentielle de 2020.

De son côté, Alassane Ouattara veut aller vite. Il souhaite que la première étape du parti unifié soit actée avant les vacances gouvernementales d’août 2018. Ce qui permettrait sa mise en place finale avant la présidentielle de 2020.

La grande question est : qui en assurera la présidence ? « Le président Ouattara était intéressé. Mais il n’écarte pas la possibilité de confier celle-ci à un cadre issu du PDCI, proche de lui », répond une source proche du dossier.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici