Droits de l’homme

Cinquante ans après sa mort, que reste-t-il du combat de Martin Luther King ?

Une femme passe devant une grande peinture murale du pasteur Martin Luther King Junior sur le côté d'un restaurant, peint par l'artiste James Crespinel dans les années 1990 et restauré plus tard, le long de la route Martin Luther King Junior. À Seattle (États-Unis), le 3 avril 2018 © Elaine Thompson/AP/SIPA

Le 4 avril 1968, le pasteur Martin Luther King Junior était assassiné à Memphis. Cinquante ans après, que reste-t-il de son rêve ?

En fin d’après-midi, le 4 avril 1968, Martin Luther King est assassiné par balles alors qu’il se trouve sur le balcon d’un motel de Memphis, où il s’était rendu afin de soutenir une marche d’éboueurs, prévue le lendemain. L’icône de la lutte pacifique pour les droits civiques des Noirs américains meurt sur le coup, à l’âge de 39 ans. Un demi-siècle après sa mort, son combat pour les droits civiques des Noirs américains est toujours d’actualité.

Des inégalités persistantes

Le mouvement pour les droits civiques apparaît dans les années 1950 dans les États du Sud des États-Unis, et se diffuse peu à peu dans les années 1960. Des lois portant sur la déségrégation dans les écoles, les emplois, le logement, l’accès au vote et aux espaces publics, tendront sous son impulsion à améliorer la vie des Noirs américains. L’élection de Barack Obama en 2008 à la présidence des États-Unis est alors célébrée comme la naissance d’une société post-raciale.

Mais dix ans plus tard, la société américaine paraît plus que jamais divisée : l’élection de Donald Trump, et la montée en puissance du « nationalisme blanc » – un autre nom pour décrire une théorie raciste -, montrent à quel point la société américaine reste polarisée.


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Le combat continue

Si son rêve et son combat contre la ségrégation aux États-Unis est encore loin d’être achevé, l’héritage de Martin Luther King est bien présent. Le militantisme noir a trouvé un nouveau souffle en 2013, avec le mouvement « Black Lives Matter », créé au lendemain de l’acquittement du meurtrier de Trayvon Martin (un adolescent noir abattu en 2012 par un ancien vigile volontaire), afin de protester plus généralement contre les violences policières à l’encontre des Noirs américains.

Plus radical que l’approche de Martin Luther King, le nom du mouvement est controversé aux États-Unis. De nombreuses personnalités lui préférant le terme de « All Lives Matter », plus global. À l’inverse, des célébrités comme Barack Obama ou Mark Zuckerberg, affirment que le slogan se justifiait par la spécificité de la persécution contre les Noirs américains.

Si l’héritage du pasteur est revendiqué par le mouvement, de nombreux observateurs tendent à démontrer que Martin Luther King aurait dénoncé la virulence de « Black Lives Matter ». Il a souvent été reproché au mouvement de pencher vers l’identitarisme, voir d’appeler à la violence. La tuerie de Dallas en juillet 2016 en est l’un des exemples. Lors d’une manifestation dénonçant la mort de deux jeunes Noirs américains, cinq policiers ont été abattus par Micah Xavier Johnson, réserviste noir de l’armée américaine, se revendiquant de Black Live Matters.

Plus récemment, le mouvement « March for our lives » fait honneur au pacifisme de Martin Luther King. Ce mouvement anti-armes d’une ampleur inédite est né après la fusillade du lycée de Parkland (Floride) en février dernier.

Je fais un rêve dans lequel trop c’est trop. Et il ne devrait pas y avoir d’armes dans ce monde

La marche, organisée le 24 mars, a rassemblé des milliers de manifestants à Washington et dans l’ensemble du pays. À cette occasion, une des petites filles du pasteur, Yolanda Renee King, a fait une intervention inspirante, sur les traces du discours de son grand-père : « Je fais un rêve dans lequel trop c’est trop. Et il ne devrait pas y avoir d’armes dans ce monde ».

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