Vie des partis

Côte d’Ivoire : pour Guillaume Soro, le parti unifié doit être inclusif

Guillaume Soro quitte le palais présidentiel après une rencontre avec Alassane Ouattara, le 13 mars 2012. © Emanuel Ekra/AP/SIPA

En moins d'une semaine, le président de l'Assemblée nationale a évoqué la création du parti unifié à deux reprises. En exprimant à chaque fois des réticences.

« Cette fois, pas besoin de m’enregistrer, la séance est retransmise en direct à la RTI », a plaisanté Guillaume Soro mardi 3 avril lors de l’ouverture de la cession 2018 de l’Assemblée nationale, faisant référence à la diffusion d’un enregistrement de son intervention lors d’une réunion du Rassemblement des républicains (RDR), le 29 mars. Enregistrement dans lequel on entendait le président de l’Assemblée émettre des réserves vis-à-vis du parti unifié.

Mardi, son discours avait pour thème « le pardon et la réconciliation ». Mais Soro a profité de l’occasion pour évoquer une nouvelle fois l’épineuse question du parti unifié. « Tant que les désaccords à ce sujet s’expriment dans la courtoisie, tout ceci peut être considéré comme une joyeuse aventure et même une preuve de la vitalité de notre démocratie. Mais quand les débats tournent à la crispation, voire à l’hostilité, cela réveille de vieilles peurs enfouies. C’est pourquoi, et c’est mon avis personnel, il convient de laisser la place au dialogue. Le dialogue, rien que le dialogue », a-t-il déclaré à la tribune sous les yeux du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, de la présidente du RDR, Henriette Dagri Diabaté, de plusieurs ministres, ainsi que de la président de la chambre des députés du Rwanda, Donatille Mukabalisa.

La division, assurément, fera notre faiblesse », a déclaré Guillaume Soro

« Le parti unifié, je l’espère, aura à se construire inclusivement. Car la division, assurément, fera notre faiblesse. Laissons donc le temps aplanir les différends », a poursuivi Guillaume Soro. 

Se rangera-t-il derrière la position de son parti ?

Pourtant cadre du RDR, dont il est l’un des nombreux vice-présidents, ce dernier semble une nouvelle fois plaider en faveur du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Alors que le RDR pousse pour que le parti unifié soit constitué dans l’année (avec une période transitoire de 18 mois maximum), la formation d’Henri Konan Bédié est favorable à une mise en place après la présidentielle de 2020. Et demande surtout que la question de l’alternance en sa faveur soit tranchée.

Soro ne devrait pas revenir sur sa décision. Maintenant, le RDR peut décider ce qu’il veut, tout le monde sait ce que pense Soro », dit son entourage

Au vu de ces divergences, certains au RDR et dans l’entourage d’Alassane Ouattara (ADO) plaident pour que le parti unifié soit créé avec ou sans le PDCI. « Sans le PDCI, le parti unifié ne serait plus un parti houphouëtiste. Quand le parti unifié a été évoqué pour la première fois en 2005, tout le monde était emballé. Mais aujourd’hui, on veut dissoudre tous les partis au profit d’un seul. On peut comprendre les réticences du PDCI. Il ne faut pas brusquer ou forcer », poursuit un proche du président de l’Assemblée nationale.

Le bureau politique du RDR doit se réunir une nouvelle fois jeudi 5 avril. Il devrait proposer une période transitoire allant d’un à dix-huit mois et annoncer la tenue d’une convention ou d’un congrès extraordinaire qui statuera sur cette question. Guillaume Soro sera-t-il présent ? Si oui, exprimera-t-il une nouvelle fois son désaccord ou se rangera-t-il derrière la position de son parti ?

« Il a exprimé par deux fois sa position. Il ne devrait pas revenir dessus. Maintenant, le RDR peut décider ce qu’il veut, tout le monde sait ce que pense Soro », dit son entourage.

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