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Cet article est issu du dossier «Algérie : c'est grave docteur ?»

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Société

Algérie : les médecins résidents maintiennent la grève et le boycott des examens

Manifestation des médecins résidents algériens le 3 janvier 2018 à l'hôpital universitaire d'Alger. © Facebook/ CHU Khelil Amrane

Face aux propositions du gouvernement algérien jugées « insuffisantes », les sections locales du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) ont décidé de poursuivre la grève et le boycott des examens. En cause : le maintien du caractère obligatoire du service civil.

Insuffisantes. Les propositions du gouvernement n’ont pas réussi à convaincre les médecins résidents algériens, qui ont décidé ce mardi 3 avril de la poursuite de la grève et du boycott des examens, un mouvement de contestation débuté en janvier dernier.

Réunis dès la matinée, les membres des sections locales du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) devaient en effet trancher sur les propositions avancées par le ministère de tutelle lundi ler avril, lors d’une rencontre entre le ministre de la Santé et les représentants des résidents. Des négociations mises en place à la seule condition de suspendre la grève, ce qu’a rejeté le Collectif.

« Je viens d’enchaîner cinq assemblées générales, et la décision est toujours la même : nous maintenons la grève. Au début de chaque séance, nous avons présenté le texte proposé par le gouvernement et nous avons demandé aux médecins présents s’ils en étaient satisfaits, et ils ont répondu ‘Non’ », affirme à Jeune Afrique Mohamed Taileb, porte-parole du Camra. Des fiches seront ainsi mises à la disposition des grévistes pour leur permettre d’y inscrire de nouvelles propositions qui seront ensuite adressées au ministère de la Santé.

La principale revendication écartée  

La raison de ce refus est simple, selon le Collectif : l’une des principales revendications n’a pas été prise en compte dans les propositions gouvernementales. Depuis le mois de janvier, les médecins résidents n’assurent en effet plus que le service minimum dans les hôpitaux, afin de demander l’amélioration de leur statut et l’abrogation du service civil et militaire.

Si le gouvernement suggère dans ses propositions de mettre en place des mesures incitatives au service civil, son caractère obligatoire n’a néanmoins pas été abrogé. Selon le porte-parole du Camra, l’aménagement de ce service n’est pas suffisant : « La loi relative au service civil date de 1984. Depuis cette date, le nombre d’habitants de notre pays et celui des résidents ont complètement changé, et le gouvernement s’entête à maintenir ce texte ».

Sans abroger le caractère obligatoire du service civil, le gouvernement proposait néanmoins d’avantager les médecins désirant une promotion, en fonction des années accomplies dans le cadre du service. Autre amélioration : les médecins résidents qui effectueraient leur service civil dans les villes du sud et des hauts-plateaux pourraient aussi exercer une autre activité lucrative à raison de deux demi-journées par semaine. Une fois le service militaire accompli (12 mois en Algérie), cette période serait déduite de la durée du service civil.

Mais pour le Camra, le service civil doit s’appuyer uniquement sur une politique d’incitation, sans aucune obligation. Les grévistes demandent ainsi une prime de location et de meilleures primes financières que celles proposées par le ministère, qui varient entre 20 000 et 60 000 dinars algériens (entre 142 et 426 euros).

Les médecins résidents attendent également une réaction de la part du ministère de la Défense. S’ils saluent la déduction de la durée du service national, ils demandent néanmoins que soit appliqué aux médecins les mêmes critères d’exemption qu’au reste des citoyens algériens. Les médecins ne bénéficient en effet d’aucune exemption à l’accomplissement de leur service militaire.

Quelques aménagements

Toutefois, une autre revendication centrale du Camra a été entendue par le gouvernement : celle du regroupement familial dans le cadre du service civil. Alors que de nombreux couples sont en effet séparés pendant les années du service, ils pourront désormais, selon les propositions, être affectés à la même ville, sans passer par une commission au préalable.

Afin de pallier au manque de ressources matérielles dans les hôpitaux et les centres médicaux des villes du sud et des hauts-plateaux, les affectations des spécialistes se feront en fonction des plateaux techniques de chaque spécialité dans la ville concernée. Ce dispositif constituera une condition préalable à l’ouverture d’un poste.

Reste à savoir si ces aménagements proposés par le gouvernement seront mis en place malgré la poursuite de la grève.

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