Diplomatie

Algérie-Espagne : Mariano Rajoy à Alger pour parler du gaz et de migration clandestine

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy (à droite), a été reçu par son homologue algérien, Ahmed Ouyahia, mardi 3 avril 2018 à l'aéroport Houari Boumediène à Alger. © Site officiel de la Primature algérienne

Arrivé ce mardi en Algérie, le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy examine avec son homologue, Ahmed Ouyahia, la question du gaz, dont presque la moitié de la consommation espagnole vient d'Algérie, et également l'épineux dossier sur la migration clandestine.

C’est un partenaire « loyal et fiable » que le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, est venu rencontrer en Algérie. Arrivé ce mardi 3 avril à Alger, il doit co-présider avec son homologue, Ahmed Ouyahia, la septième session de la réunion bilatérale algéro-espagnole de haut niveau. Elle se tiendra au Centre international des conférences « Abdelatif Rahal » et comprendra, outre Rajoy et Ouyahia, plusieurs ministres de chaque pays.

Selon l’agence de presse EFE, les deux partenaires s’attarderont sur le dossier énergétique. Le gaz algérien arrive en Espagne via le gazoduc Medgaz et Duran Farell, qui alimente aussi le Maroc et le Portugal. « Près de 49 % de la consommation espagnole de gaz vient de l’Algérie », précise le quotidien espagnol ABC. Un accord sur le gaz devra être signé à l’occasion de cette visite.

Élargir les relations Algérie-Espagne

Plusieurs projets relient l’Espagne à l’Algérie, dont celui du Groupement gazier de Timimoun (GTIM) à Hassi Barouda (dans la wilaya d’Adrar, sud-ouest du pays) inauguré récemment pour la production de gaz et de condensats. « Cette réalisation est le fruit d’un partenariat entre Sonatrach (51 %), l’espagnol Cepsa (11,25 %) et le français Total (37,75 %) », indique pour sa part l’agence officielle APS. S’y ajoute le complexe gazier Reggane Nord, qui est une association entre Sonatrach et ses partenaires Repsol (Espagne), RWE-DEA (Allemagne) et Edison (Italie), inauguré en décembre 2017. Un investissement qui figure parmi les premiers projets gaziers développés dans le sud-ouest du pays, selon l’agence de presse algérienne.

Outre l’énergie, l’Algérie veut élargir ses relations avec l’Espagne : des accords dans les domaines de l’agriculture, de la technologie et de la formation professionnelle devraient apposer leur signature.

D’autres points seront au menu de cette visite, comme la lutte contre le terrorisme, la situation au Sahel ainsi que l’immigration clandestine. Fin 2017, les médias espagnols avaient relevé une montée inquiétante des harragas (clandestins), dont beaucoup d’Algériens, qui ont atterri sur les côtes espagnoles. La route vers l’Italie devenant plus contrôlée, les routes de la migration se sont orientées vers l’Espagne, avait alors expliqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).


>>> A LIRE – Infographie-Migrations : les routes des harraga


L’Espagne, troisième client de l’Algérie

Le sommet algéro-espagnol de ce jour se conclura par une conférence de presse des deux chefs de gouvernement. Un forum d’affaires est également prévu dans ce cadre, avec la participation d’hommes d’affaires des deux pays.

Pour rappel, l’Espagne fait partie des principaux partenaires commerciaux de l’Algérie. Selon l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi), le royaume ibérique a été classé en 2017 comme le troisième client de l’Algérie. Cette dernière a exporté cette année-là en Espagne à hauteur de 4,1 milliards de dollars et y a importé pour 3,1 milliards de dollars.

D’après l’examen des investissements espagnols en Algérie par secteur établit par l’Andi, l’industrie est en pôle position, avec 82 % en nombre de projets souscrits, 99 % en valeur et 88 % en nombre d’emplois.

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