Après les heurts à Gaza, le ton monte entre Erdogan et Netanhyahou

Par AFP

Manifestants agitant des drapeaux turcs et palestiniens devant le consulat israélien d'Istanbul, le 31 mars 2018. © Akin Celiktas/AP/SIPA

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé dimanche Benjamin Netanyahou d'être "un terroriste" après que le Premier ministre israélien a rejeté les "leçons de morale" de la Turquie à propos des affrontements meurtriers qui ont eu lieu vendredi entre Gaza et Israël.

« Hé Netanyahu ! Tu es un occupant ! Et c’est en tant qu’occupant que tu es sur ces terres. En même temps, tu es un terroriste », a déclaré M. Erdogan, dans un discours télévisé devant ses partisans à Adana (sud de la Turquie).

« Ce que tu fais aux Palestiniens opprimés sera inscrit dans l’histoire et nous ne l’oublierons jamais », a-t-il poursuivi, ajoutant que « le peuple israélien est mal à l’aise avec ce que tu fais ». « Nous, nous ne sommes coupables d’aucun acte d’occupation », a-t-il également affirmé.

Vendredi, des dizaines de milliers de Palestiniens ont afflué vers la barrière entre Gaza et Israël au premier jour de « la marche du retour ». Cette protestation, censée durer six semaines, vise à réclamer le droit au retour des Palestiniens qui, par centaines de milliers, ont été chassés de leurs terres ou ont fui pendant la guerre ayant suivi la création d’Israël en 1948.

Des enquêtes indépendantes réclamées

Ce jour-là, au moins seize Palestiniens qui s’étaient approchés de la clôture ont été tués par des tirs israéliens et plus de 1 400 blessés, selon le ministère de la Santé dans la bande de Gaza. Le président Erdogan a accusé samedi Israël d’avoir commis une « attaque inhumaine ».

Mais M. Netanyahou a réagi dimanche en affirmant sur son compte Twitter que « l’armée la plus éthique du monde n’a pas de leçons de morale à recevoir de la part de celui qui bombarde des civils sans discernement depuis des années ». Dans une allocation devant la foule avant son discours dimanche, M. Erdogan a également accusé Israël d’être « un État terroriste ».

Fervent défenseur de la cause palestinienne, Ankara entretient des rapports délicats avec Israël, malgré un accord de normalisation des relations conclu en 2016, après plusieurs années de froid.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une « enquête indépendante » sur l’usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l’État hébreu.

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