Maroc : le holding royal change de nom pour « Al Mada »

Par - à Casablanca

Hassan Ouriagli reste à la tête du holding. © Jeune Afrique

Le fonds d’investissement appartenant à la famille royale change de raison sociale pour se nommer désormais Al Mada. Un changement qui marque l’aboutissement de la mutation profonde de ce holding, autrefois pilier de la place boursière casablancaise.

« Bien sûr que ça fait quelque chose ! C’est un peu la fin d’une époque ». C’est ainsi que ce vieux routier du marché casablancais commente l’annonce du changement de raison sociale de la Société nationale d’investissement (SNI).

Une décision rendue publique ce mercredi 28 mars, à l’issue d’un conseil d’administration qui restera dans les annales… La SNI, qui se fait désormais appeler Al Mada (littéralement, perspective) avait depuis sa relance en bourse en 1995, dans le cadre d’une privatisation – après une trentaine d’années de stagnation -, a été au cœur des batailles et opérations boursières les plus emblématiques de l’histoire de la cote casablancaise : le bras de fer entre Othman Benjelloun (PDG de BMCE Bank) et Mourad Cherif (ex-PDG de l’ONA) pour sa prise de contrôle en 2000 ; la rotation de participation avec l’ONA, qui de maison-mère est devenue filiale en 2003 ; fusion-absorption avec l’ONA et retrait de la cote en 2010… D’où la nostalgie pour certains acteurs du marché qui ont vécu de près ces opérations titanesques conduites par ce qui était une des plus importantes capitalisations de la Bourse de Casablanca…

Une internationalisation qui se confirme

Pour le management de la SNI – dont la tête est toujours occupée par Hassan Ouriagli, « ce nouveau nom [adjoint à une nouvelle signature : « Positive Impact »], qui marque l’aboutissement de la mutation profonde de la SNI engagée depuis 2014 et arrivée aujourd’hui à maturité, va accompagner le développement à venir du fonds ». « Acteur de la modernisation de l’économie africaine, ses objectifs et sa vision reposent sur la durée et le durable : investir dans des entreprises et des projets structurants, faire progresser ses investissements en maturité sur le long terme, marquer le temps et l’espace de ses réalisations afin d’impacter positivement les populations et les sociétés », peut-on lire dans le communiqué diffusé par la société.

Al Mada est présent actuellement dans 24 pays en Afrique, avec plus de 6,5 milliards de dirhams investis sur le continent hors Maroc en 2017 – dans 7 secteurs structurants de la croissance africaine (services financiers, matériaux de construction, distribution, télécommunications, mines, énergie, immobilier et tourisme). La contribution des activités internationales aux résultats est passée de 11 % en 2013 à 26 % en 2017, confirmant ainsi la dimension internationale de l’ancien holding qui, dès 2014, se positionne en tant que fonds panafricain.

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