Politique

Cameroun : premières heures en prison pour les dernières « proies » de l’opération Épervier

Basile Atangana Kouna, à Paris en 2011, lorsqu'il était ministre, a été arrêté au Nigeria jeudi 22 mars, puis a été écroué. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Depuis quelques jours, plusieurs responsables de l’administration camerounaise ont été incarcérés dans le cadre de l'opération Épervier de lutte contre la corruption.

Le 20 mars 2018, la prison centrale de Yaoundé a accueilli de nouveaux pensionnaires. Jean William Sollo, ancien directeur général de la Camwater ; Bruno Bekolo Ebe, ancien recteur de l’université de Douala ; Louis Max Ayina Ohandja, ancien secrétaire d’Etat au ministère des Travaux publics chargé des routes et Dieudonné Oyono, ancien directeur du Programme national de gouvernance. Tous les quatre ont été incarcérés dans le cadre de la relance de l’opération Épervier.

Procédures d’incarcération

Il est exactement 20 h 15, lorsque le car arrive à la prison centrale de Kondengui avec à son bord les quatre responsables accusés de « détournements de derniers publics », surnommé détenus « DDP ». Le véhicule, qui vient tout droit du Tribunal criminel spécial (TCS), est escorté par des policiers. Dès leur entrée, les nouveaux arrivants sont conduits dans le bureau de Pierre Landry Etoundi, régisseur de la prison.


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Bruno Bekolo Ebe est vêtu d’une djellaba, à ses cotés, William Sollo porte une chemise à manches courtes. Ils sont tous très attentifs aux propos de l’administrateur de prison, encadré de tout son staff pendant la rencontre pendant qu’il présente les modalités pratiques à suivre, et leur attribue des quartiers. Dieudonné Oyono rejoindra le quartier 7, Bruno Bekolo Ebe le 12 et William Sollo le 11, où se trouvent déjà Inoni Ephraim et Atangana Mebara. « Ils ne peuvent pas occuper les mêmes quartiers, on doit automatiquement les repartir dans la prison», précise à Jeune Afrique un employé du pénitencier.

Les quatre détenus sont ensuite conduits chez le chef service administratif et financier (Saf), puis au poste de police, pour les procédures d’incarcération. Une fouille poussée leur est imposée. Le chef de poste procédera aux opérations d’enregistrement, et les détenus rejoignent leurs quartiers pour y passer leur première nuit. Ils dorment sur des matelas apportés sur place par des membres de leur famille.

Transferts de prisonniers

La prison centrale de Kondengui s’est préparée à recevoir ces nouveaux occupants. Depuis quelques jours, des opérations de transfert de prisonniers ont été observées. L’information est confirmée par les responsables de l’institution carcérale, qui affirment néanmoins que les raisons de ce mouvement sont à chercher ailleurs.


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« Oui, il y a bien eu des opérations de transfert. Des prisonniers ont été envoyés vers la prison principale. Il s’agit surtout des prisonniers liés aux affaires de Boko Haram. En fait, nous avons enregistré une tentative d’évasion ici, qui s’est soldé par un décès. Une commission d’enquête est passée, et il a été établi que cet incident était lié à la surpopulation de la prison… d’où ces mouvements », explique un responsable, sous couvert d’anonymat.

Tout porte pourtant à croire que la prison devrait recevoir de nouveaux « DDP » dans les prochaines heures. Atangane Kouna et Robert Nkilli, auditionnés au Tribunal criminel spécial vendredi 23 mars, font partie des noms les plus cités. S’ils rejoignent la prison, ils y retrouveront Jean Dieudonné Mah, ex-directeur des affaires administratives et financières de Camwater, et Stanislas Atangana, incarcérés avant eux.

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