Politique économique

Mondial 2026 : s’il est choisi, le Maroc déboursera 15,8 milliards de dollars

Pendant les matchs préparatoire au Mondial 2018 en Russie. © MAbdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Le Maroc a déposé son dossier pour l’organisation de la Coupe du monde 2026 et entame la dernière phase avant le vote du 13 juin. Si l’approche du pays est parfois décriée en interne, le comité en charge du dossier se veut très rassurant.

Le Maroc a officiellement déposé son dossier technique auprès de la Fifa concernant sa cinquième candidature pour l’organisation de la Coupe du monde 2026. Le comité en charge du dossier a donc entamé la dernière ligne droite. Il faudra attendre la validation, par une commission interne à la Fifa, du projet présenté par Moulay Hafid Elalamy, président du comité de candidature, et ses équipes avant de passer au vote ultime du 13 juin à la veille du coup d’envoi du mondial russe.

En attendant, en fin de semaine dernière, le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique a tenu une conférence de presse pour lever le voile sur les grandes lignes de la candidature marocaine et montrer la solidité de la démarche, et analyser tout particulièrement le volet du financement, composé de 24 sections. « C’est un dossier très différent de ceux que nous avons préparés auparavant, mais qui ont été très formateurs pour le pays. Il est bien plus professionnel et assez sérieux », commente Moncef Lyazghi, docteur en politiques sportives dont les positions sont généralement très critiques.

2,4 milliards de dollars à trouver

Si la Fifa confie l’organisation de l’édition 2026 de la Coupe du monde en juin, l’enveloppe qui sera mobilisée sera de 15,8 milliards de dollars (12,8 milliards d’euros), a annoncé Moulay Hafid Elalamy.

Un montant que le président du comité de candidature s’est efforcé de relativiser pour rassurer les observateurs. Il a notamment expliqué que l’investissement dans l’offre hôtelière, chiffré à 3,2 milliards de dollars pour la construction de 30 000 chambres supplémentaires dans les villes hôtes, sera supporté à 100 % par le privé. Le public s’occupera donc des stades dont l’enveloppe est estimée à 3 milliards de dollars, de l’offre sanitaire à 900 millions de dollars et du transport pour 8,5 milliards de dollars.


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Si une grande partie de ces coûts est déjà intégrée, soit dans les futurs budgets de l’État, soit dans des plans sectoriels, il reste 2,4 milliards de dollars à trouver pour le financement des infrastructures sportives, le royaume n’ayant pour l’instant budgétisé que 600 millions de dollars pour ce poste, selon le président du comité de candidature.

L’organisation de l’événement en lui-même (encadrement, sécurité…) est estimée à 700 millions de dollars, mais l’État prévoit de récupérer 1,1 milliard de dollars en recettes fiscales que ces investissements pourront générer. Après un petit calcul, on conclut que l’État marocain aura un besoin additionnel de 2 milliards de dollars.

Gain en infrastructures

Du côté des observateurs, quelques voix se sont levées, notamment celles de militants de la gauche, pour critiquer l’approche du Maroc. Pour eux, le royaume va dépenser une enveloppe assez conséquente pour une compétition qui va durer un mois et qui ne va certainement pas être rentable. Les priorités ne sont, pour eux, pas respectées.

Mais Moulay Hafid Elalamy rétorque que les projets présentés seront réalisés, même si l’assemblée générale de la Fifa n’optait pas pour le Maroc le 13 juin, et que dans tous les cas, il resterait au pays « une belle infrastructure utile ». « Grâce au sport, le Maroc réalisera, si nous sommes hôtes du Mondial 2026, ce que les politiques n’ont pas réussi à faire pendant de très nombreuses années. C’est loin d’être du gaspillage », estime de son côté Moncef Lyazghi, joint au téléphone par Jeune Afrique.

Ce dernier donne l’exemple de la ville de Barcelone, qui a abrité les Jeux olympiques d’été en 1992 et qui a depuis vu grimper le nombre de ses touristes. « La Coupe du monde n’a pas été, au fil des éditions, une compétition hautement rentable, certes, mais le gain auquel on devrait penser réside dans l’infrastructure et ce que nous allons hériter de ce mois de compétition », explique le docteur en politiques sportives.

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