Mali : la visite du Premier ministre à Kidal retardée en raison de mauvaises conditions météo

Le Premier ministre malien Souleymou Boubèye Maïga à Tessalit, le 22 mars 2018. © Page Facebook officielle de Souleymou Boubèye Maïga

Le Premier ministre malien Souleymou Boubèye Maïga a entamé jeudi 22 mars une visite dans le nord et le centre du pays. Il était attendu le même jour à Kidal, mais son voyage a dû être reporté au lendemain, en raison de mauvaises conditions météo.

Au nord, le programme du Premier ministre malien oscille au rythme des conditions atmosphériques et de la situation sécuritaire. À cause d’une tempête de sable, Souleymou Boubèye Maïga n’a pas pu quitter la ville de Tessalit, première escale de sa tournée dans le nord et le centre, où il passera la nuit avant de se rendre vendredi 23 mars à 9h dans la ville de Kidal.

Soumeylou Boubeye Maiga y sera accueilli par l’Amenokal (chef coutumier) de la ville, Mohamed Ag Intalla et Alghabass Ag Intalla, patron du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), un de trois groupes armés qui assure la sécurité dans la ville de Kidal. Hassane Ag Fagaga, le président des autorités intérimaires du Conseil régional et Bilal Ag Acherif, président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), seront par contre absents.

Son séjour sera rythmé de rencontres avec les leaders des mouvements armés qui assurent la sécurité dans la ville de Kidal, ainsi que des associations de femmes, de jeunes et de la société civile de la ville.

Le Premier ministre qui a déclaré se rendre sur place « sans arrogance, avec le sens de l’écoute, connaître les atteintes urgentes de la population », se rendra également dans une école. Il visitera ensuite les compagnies nationales d’eau et d’électricité, ainsi que d’autres services sociaux de base qui peinent à fonctionner dans la ville. La journée se terminera par une prière collective dans une mosquée, vendredi.

Première visite d’un chef de gouvernement depuis six ans

Les attentes autour de la visite du Premier ministre à Kidal sont nombreuses. Depuis le triste épisode de la visite de Moussa Mara en mai 2014, aucun Premier ministre ne s’y était rendu. Lui et sa délégation composée de plusieurs ministres, s’étaient retrouvés au cœur d’affrontements sanglants entre soldats maliens et groupes armés qui a coûté la vie à une cinquantaine de personnes et fait 48 blessés.

Cette défaite de l’armée malienne à Kidal avait provoqué une grave crise politique. Souleymou Boubèye Maïga, alors ministre de la Défense, avait annoncé sa démission une semaine plus tard, le 27 mai, avant qu’une commission d’enquête parlementaire ne l’exonère.

Depuis sa nomination en tant que Premier ministre le 30 décembre 2018, en remplacement d’Abdoulaye Idrissa Maiga, Souleymou Boubèye Maïga a multiplié les annonces, allant dans le sens du retour de l’État dans le centre et le nord du pays. Il a par ailleurs promis des moyens pour sécuriser le centre du pays et assuré que les élections se tiendraient effectivement le 29 juillet.

Le gouvernement a adopté en 2017 un « Plan de sécurisation intégré des régions du Centre ». Il prévoit à terme la mobilisation de plus de 4 000 militaires pour assurer la sécurité dans la région de Mopti.

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