Tunisie : un commissariat de police incendié dans le bassin minier de Gafsa

Par Jeune Afrique avec AFP

Gafsa, l'éternelle poudrière. © Habib M’henni/CC/Wikimedia Commons

Les heurts entre la police et les jeunes chômeurs se poursuivent dans la région minière de Gafsa. Un commissariat de police a été incendié ce mercredi par les protestataires.

Nouvelles tensions dans la région minière de Gafsa, en Tunisie. Des jeunes ont manifesté ce mercredi 21 mars dans les rues de Mdhilla, pour réclamer un emploi, où sont situés plusieurs sites de production de phosphate, un minerai assurant des revenus cruciaux au pays.

Les manifestants ont tenté d’empêcher les ouvriers de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région, de se rendre sur les sites de production. 700 protestataires ont ensuite jeté des pierres et incendié le commissariat, a ajouté le gouvernement tunisien dans un communiqué.

La police, notamment déployée en force autour des sites, a tiré des gaz lacrymogènes. Cinq à six jeunes ont été brièvement hospitalisés, a indiqué une source hospitalière.

Une situation tendue qui s’éternise

Fin janvier, le bassin avait été paralysé par des actions de blocage menées par des chômeurs qui avaient été refusés à un grand concours organisé par la CPG, visant à recruter de nouveaux salariés. Depuis plusieurs semaines, les manifestants réclament ainsi emplois et développement de cette région du centre du pays.

Après plusieurs semaines de blocage de la production du phosphate en février, la situation s’était à nouveau tendue la semaine dernière, à la suite d’annonces gouvernementales jugées insuffisantes par des habitants.


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Un conseil ministériel s’était tenu vendredi 16 mars, dans la région de Gafsa, en présence notamment du ministre des Finances Ridha Chalghoum, organisé pour répondre aux accusations de nombreux habitants, affirmant que l’État est « absent ». Mais les mesures annoncées à l’issue de cette réunion, comme la construction d’une centrale électrique, n’ont pas réussi à calmer les manifestants, qui se sont alors à nouveau mobilisés.

Samedi soir, les protestataires avaient bloqué des rails pour empêcher le transport du phosphate, et la police avait tiré des grenades lacrymogènes pour les disperser. Le lendemain, une manifestation avait également tourné à l’affrontement entre les deux parties.

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