Politique

Kenya : les campagnes de Uhuru Kenyatta orchestrées par la sulfureuse Cambridge Analytica ?

Le président kényan Uhuru Kenyatta lors du vote pour la présidentielle, le 26 octobre à Gatundu. © Ben Curtis/AP/SIPA

Uhuru Kenyatta a-t-il bénéficié du concours de Cambridge Analytica ? Soupçonné d’avoir joué un rôle déterminant dans la campagne de Donald Trump, ce cabinet de conseil britannique aurait offert ses services pour les campagnes électorales du président kényan.

Une vidéo en caméra cachée, réalisée par la chaîne d’information britannique Channel 4, montre l’un des directeurs de Cambridge Analytica et de sa filiale SCL Elections en train de détailler les prestations réalisées au profit du parti d’Uhuru Kenyatta lors des présidentielles de 2013 et de 2017.

« On a donné un nouveau look à l’ensemble du parti à deux reprises, on a écrit le manifeste, on a fait des recherches, des analyses, du messaging », énumère Mark Turnbull. « Je pense qu’on a écrit tous les discours et qu’on a tout organisé – donc juste tous les éléments de ce  candidat. »

Le « projet » de Cambridge Analytica

Uhuru Kenyatta avait été réélu en 2017 à la tête de l’État kényan dans des conditions particulièrement chaotiques, après l’invalidation par la Cour suprême du scrutin du 8 août. Ce qui avait obligé les Kényans à reprendre le chemin des urnes une nouvelle fois fin octobre 2017.

Une seconde élection qualifiée en septembre dernier par l’ancienne candidate Hillary Clinton de « projet de Cambridge Analytica », et qui avait conduit à la réélection à 98 % de Uhuru Kenyatta – son opposant Raila Odinga avait finalement décidé de boycotter le scrutin.

Dans l’enregistrement diffusé par Channel 4, les responsables de Cambridge Analytica expliquent également comment piéger des responsables politiques, en leur offrant des pots-de-vin ou à l’aide de prostituées ukrainiennes. Parmi les pays où la société britannique aurait offert ses services, ses dirigeants citent les élections au Mexique, la Malaisie et le Brésil.

Démenti vigoureux

Cambridge Analytica a vigoureusement démenti l’ensemble des allégations de Channel 4. Dans un communiqué, le cabinet explique que ses dirigeants avaient voulu en réalité tester la probité de leur interlocuteur.

Cette nouvelle polémique autour des pratiques de Cambridge Analytica intervient après la tempête provoquée par les articles du New York Times et du British Observer sur le rôle de la société dans la campagne électorale de Donald Trump en 2016. L’entreprise aurait acquis par un intermédiaire les données Facebook de plus de 50 millions d’Américains en vue de favoriser l’élection du candidat républicain.

Fermer

Je me connecte