RDC : Alexis Thambwe Mwamba annonce le retrait de plus de 200 magistrats faussaires

Par Jeune Afrique avec AFP

Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la justice de la République démocratique du Congo © Vincent Fournier/Jeune Afrique

« Plus de 200 individus » ne remplissant pas les conditions d'accès à la magistrature congolaise ont été identifiés par une commission d'enquête mise en place fin 2017. Les faussaires seront poursuivis, a annoncé ce mardi Alexis Thambwe Mwamba, le ministre de la Justice.

Plusieurs magistrats congolais sont dans la tourmente. Une commission d’enquête instituée fin 2017 par les autorités de la République démocratique du Congo « a examiné notamment les qualifications, la régularité des conditions de recrutement des magistrats des sièges et des parquets », a indiqué l’un de ces enquêteurs.

« Plus de 200 individus » seront ainsi « extirpés du corps de la magistrature pour n’y maintenir que des vrais magistrats ». Un nombre conséquent, 4 000 magistrats civils et militaires étant actuellement en fonction dans le pays.

« Nous avons écouté le rapport. La commission a pu établir qu’il y a beaucoup d’individus qui sont entrés ou qui sont dans le corps de la magistrature qui ne devraient pas y être », a ajouté Alexis Thambwe Mwamba, le ministre de la Justice, tout en précisant que « la primeur du contenu de ce rapport est réservée au président de la République », Joseph Kabila.

Ces individus seront chassés de la magistrature et poursuivis

« Depuis l’institution de cette commission, quelques personnes concernées sont déjà aux arrêts pour les cas les plus flagrants, d’autres ont carrément déserté leurs bureaux », a-t-il insisté. « Ces individus qui sont entrés dans ce corps de manière irrégulière ont fait les plus grands dégâts dans l’administration de la justice », a accusé le garde des Sceaux congolais, certifiant qu’« ils seront chassés de la magistrature et poursuivis ».

Une justice « infectée par plusieurs maux »

En octobre dernier, lors de la cinquième session extraordinaire de l’Assemblée générale du Conseil supérieur de la magistrature, le ministre de la Justice avait présenté un « tableau sombre » de la justice, « infectée par plusieurs maux ».

Beaucoup de recrues n’auraient jamais dû être dans ce corps d’élite

Une inquiétude liée aux recrutements de 2009, lorsque Kinshasa avait alors embauché rapidement des magistrats pour pallier le manque de personnel. Une situation déplorée par Alexis Thambwe Mwamba en octobre dernier, indiquant que « beaucoup de recrues n’auraient jamais dû être dans ce corps d’élite ».


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À la même occasion, il avait fustigé la lenteur dans l’administration de la justice : les arrestations et les détentions transformées, selon lui, en « instrument d’intimidation et de terreur contre les inculpés pour les amener à libérer leurs avoirs ».

La première condition pour devenir magistrat, c’est d’avoir fait du droit

Cette commission d’enquête avait été mise en place dans la foulée de ces déclarations, et également suite à un courrier du ministre de la Justice adressé au président du Conseil supérieur de la magistrature. Dans cette correspondance, il avait alors précisé que l’instauration d’une commission de contrôle devait notamment porter sur la vérification des qualifications des magistrats, estimant que « la première condition pour devenir magistrat, c’est d’avoir fait du droit ».

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