Politique

Cameroun : pas d’annonce majeure de Paul Biya au conseil des ministres

Paul Biya, président du Cameroun, lors du sommet UA-UE à Abidjan, le 29 novembre 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

L'allocution de Paul Biya était l'unique point à l’ordre du jour du Conseil des ministres camerounais qui s'est tenu jeudi matin. Mais la « communication spéciale du chef de l’État » s'est avérée décevante.

Beaucoup de bruit pour rien ? Ce jeudi 15 mars était une date à marquer d’une pierre blanche. Le gouvernement camerounais tenait son tout premier Conseil des ministres depuis plus de deux ans. Le premier, également, depuis le récent remaniement ministériel du 2 mars dernier. La déclaration du chef de l’État, Paul Biya, à l’occasion de cette rencontre s’est, elle, avérée quelque peu décevante. Dix minutes d’allocution sagement écoutée par les membres du gouvernement mais sans grande annonce majeure.


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Selon un scénario désormais bien établi si l’on s’en réfère aux rares précédents des sept dernières années, Paul Biya a pour coutume de convoquer ses ministres après un remaniement ministériel afin d’accueillir les nouveaux venus au gouvernement, de leur fixer un cap de travail et une ligne de conduite. Hasard du calendrier ou pas, cela tombe toujours le 15 du mois : 15 décembre 2011, 15 octobre 2015 et 15 mars 2018… Une régularité intrigante.

En tout état de cause, lors du Conseil des ministres de jeudi, le président camerounais a évoqué tous les sujets de l’actualité, notamment les prochaines échéances électorales, les préparatifs de la CAN 2019 ou l’insécurité au nord et au sud du pays. Une sorte de mini-discours sur l’état de la Nation. Mais aucune déclaration ou annonce fracassante dans la « communication spéciale du chef de l’État ».

En ce qui concerne le contexte économique difficile, le chef de l’État dit souhaiter la poursuite de la mise en œuvre du programme avec le FMI. Et parmi les recommandations faites à ses ministres, Paul Biya les a invités à la rigueur financière. « Je voudrais vous réitérer, très fermement, mes instructions sur la nécessité d’une utilisation rationnelle des ressources publiques, la réduction du train de vie de l’État et la lutte contre la corruption », a-t-il affirmé.

Paul Biya a également salué l’action des forces de sécurité contre Boko Haram et contre les séparatistes anglophones, tous deux qualifiés de « groupes criminels », commettant des « exactions ». Concernant les seconds, le président camerounais a appelé de ses vœux la mise en action rapide du tout nouveau ministère de la Décentralisation et du Développement local, confié à George Elanga Obam. Un portefeuille dont l’action pourrait s’avérer clef pour tenter de calmer la poussée séparatiste en zone anglophone.

Une crise qui persiste et dont le président Biya souhaite le règlement. Mais la décentralisation fait figure de serpent de mer au Cameroun. Le sujet est évoqué à Yaoundé depuis près d’une décennie, sans trouver d’application concrète sur le terrain. Et cet échec est régulièrement cité comme une des causes du mouvement séparatiste. Le tout nouveau ministère, créé avec le remaniement du 2 mars dernier, est le seul que le président Biya ait cité nommément pour faire part de ses attentes. « Des propositions détaillées et un chronogramme relatifs à l’accélération du processus de décentralisation en cours » et cela « à brève échéance », a-t-il dit. Une lourde pression pèse donc sur le ministre Elanga Obam, qui sera particulièrement attendu au tournant.

Paul Biya a par ailleurs souhaité que les différentes administrations intensifient leurs efforts, afin que le Cameroun soit prêt à temps pour la CAN 2019. Un sujet qui tient à cœur au Cameroun, grande nation de foot. Stades, hôtels, etc, les autorités camerounaises ont encore une année devant elles pour bâtir les infrastructures sportives devant accueillir la compétition. La confédération africaine de football (CAF) a effectué fin janvier une mission d’inspection dans le pays. Les conclusions de son rapport, attendues pour fin février, n’ont pas encore été rendues publiques.

 

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