Sécurité

RDC : nouveau massacre en Ituri dans un cycle de violence encore inexpliqué

Le camp de la Monusco à Bunia, capitale de l'Ituri, en 2016. © Jerome Delay/AP/SIPA

L'Ituri a été le théâtre d'une nouvelle tuerie, dans la nuit de lundi à mardi, dans des villages du territoire de Djugu, au nord du chef-lieu Bunia. Selon les bilans, entre 30 et 40 personnes ont été tuées.

L’attaque a été lancée dans la nuit de lundi à mardi. Selon un chef local, interrogé par Radio Okapi – qui parle de 41 morts dans quatre villages attaqués (Kayuba, Jo, Gbi, Ngaliko) – des hommes en armes ont commencé par incendier les maisons. « Trois groupes d’assaillants, munis de flèches, de machettes et de fusils AK 47 se sont ensuite livrés au carnage » a-t-il expliqué.

Les quelques militaires déployés ne sont pas en mesure de contenir la situation qui va de mal en pis

« On a compté 30 morts. Il y a certainement d’autres corps dans la brousse. Les recherches se poursuivent », a expliqué un responsable administratif de l’Ituri, sous couvert d’anonymat. « Dans le village de Djo ils ont tué 10 personnes, à Gbi 10 morts et à Takpa 19 personnes abattues. Ce qui fait au total 39 morts », indique Pilo Mulindro Willy, de la chefferie de Bahema nord joint au téléphone par l’AFP.

Réagissant à cette tuerie, le député d’opposition Grégoire Lusenge, porte-parole des parlementaires de l’Ituri, a critiqué « l’absence de l’autorité de l’Etat » dans sa province. « Le déploiement de la police nous paraît insuffisant. Les quelques militaires déployés ne sont pas en mesure de contenir la situation qui va de mal en pis », selon lui.

Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole militaire en Ituri, affirme pour sa part qu’« à Djo il n’y a pas eu massacre. Il s’agissait d’un groupe de voleurs venus investir le village abandonné par la population. Nos forces les ont pourchassés et actuellement la situation est sous contrôle de l’armée ».

Pourquoi une reprise des violences ?

Selon les derniers chiffres en date – provisoires – les violences ont fait « plus de 350 000 déplacés internes dont près de 50 000 sont installés dans la ville de Bunia et ses environs. À ce chiffre s’ajoutent près de 65 000 personnes réfugiées en Ouganda, selon un décompte provisoire », selon la Communauté iturienne de Kinshasa (CIK).


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Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole militaire en Ituri, affirme pour sa part qu’« à Djo il n’y a pas eu massacre. Il s’agissait d’un groupe de voleurs venus investir le village abandonné par la population. Nos forces les ont pourchassés et actuellement la situation est sous contrôle de l’armée ».

Les dernières violences « sont assez différentes de celles du conflit qui oppose les ethnies Hema et Lendu depuis plusieurs décennies. Les causes peuvent être multiples et sont encore à élucider », a expliqué lundi la Communauté iturienne de Kinshasa (CIK).

Pour le directeur du Groupe d’études sur le Congo de l’Université de New York, Jason Stearns, la reprise des violences est « un mystère ». Selon le chercheur, « Les FARDC (l’armée) ont été négligentes dans leur réponse, mais il n’y a pas de preuves irréfutables pour soutenir la théorie [avancée par plusieurs élus d’opposition, NDLR] que le gouvernement est à la manœuvre. Pas plus qu’il n’y a de preuves selon lesquelles des pays de la région suscitent ces violences, comme certains l’ont suggéré. Mais il est très probable que des acteurs extérieurs sont impliqués ».

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