Sécurité

Mali : le site de construction d’un barrage incendié par des présumés jihadistes près de Djenné

Ville ancienne de Djenné (Mali). © UNESCO/F.

Une trentaine de jihadistes présumés ont attaqué jeudi 8 mars un chantier de construction d'un barrage à une dizaine de kilomètres de Djenné, dans le centre du Mali.

Tôt jeudi, une trentaine de jihadistes présumés armés arrivés à moto ont attaqué le chantier à proximité de Djenné, où sont fabriquées les pièces de ce barrage-pont destiné à relier deux rives du Bani, un affluent du fleuve Niger.

Selon le responsable des travaux, présent au moment de l’attaque, ils ont regroupé les travailleurs du site, dont des Sud-Coréens et des Maliens et leur ont demandé de partir. Ils ont ensuite « détruit le chantier par le feu », explique une source proche de la gendarmerie locale. Des grues de 30 et 60 tonnes, des véhicules, des groupes électrogènes et des pans du barrage ont été détruits.

Le barrage, dont l’inauguration était prévue dans quatre mois, devait permettre de relier l’est et l’ouest de la ville, qu’on rallie actuellement par un bac en période de crue. Le coût initial de l’ouvrage était estimé à 35 milliards de francs CFA (52 millions d’euros). Il doit également permettre l’irrigation d’une zone de quelque 50 000 hectares.

Présence de l’État

Le Premier ministre malien, Soumyelou Boubeye Maïga, en visite dans le centre du pays à la mi-février, a assuré que l’État était « de plus en plus présent » dans cette région où l’armée a lancé une opération visant à faire reculer les groupes jihadistes qui y sont particulièrement actifs.

Il a aussi annoncé que le premier tour de l’élection présidentielle se tiendrait le 29 juillet 2018, comme prévu, malgré les nombreux défis qui restent à relever pour son organisation. Le « plan de sécurisation » des régions du centre prévoit un renfort des effectifs militaires grâce à un soutien financier de 500 millions de francs CFA (762 000 euros), ou encore le déploiement de préfets dans les zones où l’administration est absente.

Parallèlement, les autorités ont lancé un dialogue avec les responsables civils, communautaires ou encore religieux du Centre. Objectif : s’assurer de leur soutien et pacifier cette région souvent secouée par des tensions communautaires.

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