Défense

Algérie : ce qu’il faut retenir de la 35ème session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur

Photo de famille des ministres de l'Intérieur du Conseil des ministres arabes de l'Intérieur (CMAI), le 7 mars 2018 © DR/Ministère algérien de l'Intérieur

Après Tunis en avril 2017, c’est Alger qui a abrité mercredi la nouvelle session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur (CMAI). Au thème cette année : les menaces sécuritaires sur le monde arabe, ainsi que la lutte contre la criminalité et l’immigration illégale. Des premières pistes ont été évoquées.

C’est avec une inauguration forte qu’a débuté mercredi 7 mars la 35ème session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur (CMAI). « Cette réunion se tient dans une conjoncture sécuritaire délicate caractérisée par la recrudescence des ingérences dans les affaires internes des pays arabes en vue de les déstabiliser et d’y attiser les tensions tribales », a ainsi souligné Mohamed Ben Ali Kouman, le secrétaire général du CMAI, à l’ouverture de le session, organisée au Centre international des conférences Abdelatif Rahal (CIC) d’Alger.

Les ministres de l’Intérieur d’une vingtaine de pays ont ainsi fait le déplacement pour cette nouvelle session, initialement prévue sur deux jours mais qui s’est achevée mercredi soir. Présence notable : celle d’Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur marocain, venu présider la délégation du royaume du Maroc.

Des représentants de la Ligue arabe, de l’Union du Maghreb arabe (UMA), du Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme et de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) étaient également présents.

Une grande réunion, pour un agenda chargé

Au programme de cette nouvelle session : le projet d’un neuvième plan sécuritaire arabe, le septième plan médiatique arabe pour la sensibilisation et la prévention contre la criminalité, et le sixième plan d’étape pour la stratégie arabe de la sécurité routière. Le rapport du secrétaire général du CMAI sur le bilan des activités du secrétariat général depuis la dernière session en avril 2017 à Tunis était également attendu.


>>> À LIRE – À Tunis, les ministres arabes de l’Intérieur classent le Hezbollah comme groupe terroriste


Cette nouvelle rencontre avait également pour objectif de se recentrer sur la lutte contre la criminalité et l’immigration illégale, ainsi que la coopération sécuritaire. Un vaste domaine qui comprend le terrorisme international, le crime transnational, l’extrémisme, la migration illégale, ainsi que la cyber-criminalité et le cyber-terrorisme.

La « feuille de route » de Bouteflika

Dans un message adressé aux participants, via le ministre algérien de l’Intérieur Noureddine Bedoui, le président Abdelaziz Bouteflika a mis l’accent sur la nécessité d’« intensifier » les efforts arabes face au phénomène de la migration clandestine, notamment grâce à une approche commune basée sur le « strict respect » de la loi et des droits de l’Homme.

La migration clandestine commence à prendre des dimensions inquiétantes

Évoquant les multiples défis auxquels sont confrontés les pays arabes, il a relevé qu’à l’évocation de tous ces défis « l’on ne peut occulter un autre phénomène non moins dangereux et menaçant la stabilité de notre région arabe, […] la migration clandestine qui commence à prendre des dimensions inquiétantes, notamment au cours des dernières années. »

Monde arabe – Déclaration d’Abdelaziz Bouteflika au CMAI (7 mars 2018) by jeuneafrique on Scribd

Sur décision des ministres de l’Intérieur, le mot du président algérien a été inclus à la liste des documents officiels de la 35ème session de la CMAI. Le ministre irakien a indiqué qu’il est « inclusif et porte une solution commune pour les pays arabes », tandis que le ministre mauritanien a affirmé que ce message est susceptible d’être « une feuille de route » pour coordonner une action sécuritaire commune.

Offensive saoudienne contre l’Iran

Le ministre de l’Intérieur saoudien, Abdel Aziz Ben Saoud Ben Nayef Ben Abdelaziz Al-Saoud, désigné « président d’honneur » de cette session suite à sa visite officielle de plusieurs jours en Algérie débutée le dimanche 4 mars, en a profité pour lancer une charge contre l’Iran.

Ce que fait l’Iran avec son ingérence dans les affaires internes de plusieurs pays […] doit être considéré comme un danger qu’il faut affronter

« Nous nous réunissons aujourd’hui alors que des événements successifs visent la sécurité, la stabilité et l’unité de notre monde arabe, ce qui nous oblige à suivre les retombées de ces événements avec détermination. […] Ce que fait l’Iran avec son ingérence dans les affaires internes de plusieurs pays dans le monde dont les États arabes, son soutien au terrorisme et son action pour diviser les sociétés, à travers ses bras extrémistes, doit être considéré comme un danger qu’il faut affronter », a-t-il déclaré.


>>> À LIRE – Carte : comment les pays africains se positionnent dans la crise Arabie saoudite – Iran


Le ministre de l’Intérieur saoudien a ainsi tenté de ne pas orienter la réunion d’Alger sur l’Iran, en insistant davantage sur « le travail sécuritaire arabe commun » et la nécessité de faire face aux « défis de sécurité » en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Le modèle algérien à l’honneur

Dans le communiqué final de la session, les participants ont salué l’expérience algérienne en insistant sur le fait que le pays constitue « un modèle à méditer pour le règlement des crises qui secouent le monde arabe, loin de toute ingérence dans les affaires internes pour consacrer les droits et la dignité à la faveur de la sécurité et de la stabilité et de manière à préserver la souveraineté de leurs États et leur intégrité territoriale. »

L’Algérie a vaincu le terrorisme et le radicalisme, et lutté contre l’extrémisme

Le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur a ainsi érigé l’Algérie en tant que modèle en matière de règlement des crises, de lutte anti-terroriste et de déradicalisation, elle qui a « vaincu le terrorisme et le radicalisme, et lutté contre l’extrémisme sous toutes ses formes. »

La lutte anti-terroriste menée par l’armée algérienne en 2017 a ainsi permis de neutraliser 161 terroristes, c’est-à-dire abattus, arrêtés ou qui se sont rendus. L’Algérie « veille à la consolidation des efforts du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur en matière de lutte contre toutes formes de menaces visant le monde arabe, et œuvre à réaliser une plus grande coopération et coordination sécuritaire inter-arabe », avait d’ailleurs indiqué Mohamed Ben Ali Kouman, le secrétaire général du CMAI, lors de l’ouverture de cette journée.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte