Transport aérien

Tunisie : ce que l’on sait du futur aéroport international de Bizerte

L'aéroport de Tunis-Carthage. © Au service du développement depuis 1970/Flickr

Parmi les méga-projets de la Tunisie, la construction d’un nouvel aéroport international pouvant desservir Tunis a été régulièrement évoquée depuis 2012. L’appel d’offres pour l’étude du projet sera lancé dans les prochains mois, pour une livraison prévue en 2030, a annoncé le 2 mars le ministre du Transport.

La réalisation du futur aéroport destiné à desservir la capitale tunisienne se précise : le ministre du Transport, Radhouane Ayara, a annoncé le vendredi 2 mars que l’appel d’offres pour l’étude du projet sera lancé dans les prochains mois. Avec un investissement estimé à 2,047 milliards de dinars (690 millions d’euros) et une capacité initiale de 10 millions de passagers – destinée à atteindre les 20 millions en 2050 -, l’aéroport sera construit à Utique, à 40 kilomètres de Tunis.


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Il aura pour but de désengorger le transport aérien de la capitale et de participer à l’activité économique et touristique du gouvernorat de Bizerte. Le gouverneur, Mohamed Gouider, avait pris les devants en avril 2017 en indiquant que deux lots de terrain de 2 500 et 3 000 hectares, propriétés de l’État, étaient disponibles dans la zone d’Utique à El Hesiane-Bouhnach et à El Mabtouh.

  • Pourquoi un nouvel aéroport international ?

Arrivé à la limite de ses capacités,  l’aéroport de Tunis-Carthage, qui a accueilli 5,8 millions voyageurs en 2017, ne pourra pas techniquement recevoir les avions gros porteurs de type Airbus 380 et ne répond plus aux besoins d’une métropole comme Tunis et aux objectifs économiques du pays.

Une extension, évaluée à 950 millions de dinars, avait été envisagée, mais les études d’impact environnemental et sociétal exigées par la Banque européenne d’investissement (BEI), qui avaient été sollicitées pour son financement, ont remisé le projet.

En attendant 2030, la date avancée pour l’ouverture du nouvel aéroport, une restauration de celui de Tunis-Carthage est en cours, pour un coût de 190 millions de dinars. Les travaux concernent notamment l’aménagement de deux nouvelles zones de tri et de livraison de bagages, pour augmenter la capacité d’accueil à 7,5 millions de passagers (contre 5,8 millions actuellement).

  • Pourquoi Bizerte ?  

Le nouvel aéroport ne sera pas implanté à Bizerte même : l’espace aérien de la ville du nord de la Tunisie est réservé à l’entraînement des bases militaires, dont celle de Sidi Ahmed. L’aéroport civil sera quant à lui implanté sur le territoire du gouvernorat du même nom, à Utique, une zone déjà desservie par une autoroute.

Les détracteurs du projet craignent que la vocation maraîchère de la région d’Utique ne soit impactée

Le site, aux confins du Grand Tunis, des gouvernorats de Bizerte et de Béja, permettra d’installer une aire économique qui manquait au nord de la Tunisie et répondra à l’objectif de faire de la Tunisie un hub du transport et de la logistique de pointe entre l’Europe et l’Afrique, et représente une opportunité d’installer de nouvelles activités à forte valeur ajoutée à proximité.

Les détracteurs du projet craignent que la vocation maraîchère de la région d’Utique ne soit impactée, mais les terrains identifiés n’ont aucune vocation agricole, selon le cadastre.

  • Que deviendra Tunis-Carthage ?

Certains craignent que les 830 hectares de l’aéroport actuel, au cœur de Tunis, ne soient un objet de spéculations immobilières. Mais la situation n’en est pas encore là et Tunis-Carthage sera encore opérationnel au moins sur les quinze prochaines années.

Actuellement, le gouvernement pencherait pour un nouvel aménagement urbanistique durable qui accueillerait 500 000 habitants, via une société d’économie mixte. Mais rien n’est encore décidé. Il est cependant certain que la capitale, débarrassée des contraintes imposées par les couloirs aériens, pourra se développer en hauteur.

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