Société

Tensions en Côte d’Ivoire après une vague d’enlèvements d’enfants

Des policiers ivoiriens, à Abdijan le 7 août 2017 (image d'illustration). © REUTERS/Luc Gnago

Depuis le début de l'année 2018, « huit cas de disparition ou d’enlèvement ont été enregistrés, dont trois cas de décès de mineurs dus à des morts violentes », ont annoncé les autorités. Un phénomène qui secoue l'opinion publique, au point qu'à M’Bahiakro, dans le centre-est du pays, une gendarmerie a été incendiée par une foule en colère.

Mardi 6 mars, une réunion du comité de sécurité présidée par Hamed Bakayoko, le ministre ivoirien de la Défense, s’est tenue à la demande du chef de l’État, Alassane Ouattara. Elle avait pour thème les cas d’enlèvements ou de disparitions d’enfants qui se multiplient depuis le début de l’année 2018.

Huit cas de disparition

Après Aboubakar Sidick Traoré, alias Bouba, un enfant de quatre ans retrouvé enterré, égorgé, à Abidjan le 26 février, une lycéenne de quatorze ans a été tuée dans des circonstances similaires le lundi 5 mars à M’Bahiakro, dans le centre-est de la Côte d’Ivoire. Enfin, un élève de six ans a été retrouvé mort à Bandiahi, dans la souspréfecture de Bédiala (département de Daloa).

Au total, depuis janvier, « huit cas de disparition ou d’enlèvement ont été enregistrés, dont trois cas de décès de mineurs dus à des morts violentes. Quatre enfants enlevés ont été retrouvés, et un enfant enlevé à Bouna n’a toujours pas été retrouvé », ont annoncé les autorités. Plusieurs personnes suspectées d’être impliquées dans ces trois meurtres ont été arrêtées. Cependant, le marabout cité par l’assassin du petit Bouba comme étant l’un des commanditaires n’a toujours pas été retrouvé. 

Psychose, colère et violence

Mardi, la police a annoncé avoir procédé à l’arrestation d’un spécialiste présumé de demandes de rançons. « Son mode opératoire consiste généralement à observer les enfants depuis les établissements scolaires, guettant leur sortie, il en choisit un et sous la menace, l’oblige à le suivre. Il se retire dans un endroit à l’abri des regards et après avoir obtenu le numéro des parents, les appelle pour demander une rançon qui est généralement entre 400 000 FCFA et 750 000 FCFA », selon un communiqué officiel de la police. 

La multiplication des cas d’enlèvements d’enfants -phénomène récurent avant des échéances politiques importantes (remaniement, élections ou compétitions sportives importantes) –  inquiète autant qu’il suscite la colère les populations. A M’Bahiakro, le meurtre de cette jeune élève du lycée moderne, égorgée et vidée de son sang, a entraîné des violences.

Mardi, une manifestation d’élèves devant la gendarmerie, où y aurait été conduit un suspect, a dégénérée. La gendarmerie a été saccagée, plusieurs blessés sont à déplorer. Dix-neuf personnes ont été interpellées.  La veille, les résidences du préfet et du sous-préfet avaient été saccagées.

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