Mahamadou Issoufou à Ouagadougou : « Le terrorisme n’a pas d’avenir dans notre région »

Par Jeune Afrique

Mahamdou Issoufou, président du Niger le 23 février à Bruxelles. © REUTERS/Eric Vidal

En déplacement ce lundi 5 mars à Ouagadougou au lendemain du double attentat qui a frappé l'état-major général des armées et l'ambassade de France, le président nigérien Mahamadou Issoufou, qui préside également le G5 Sahel, est venu réaffirmer la « volonté commune de continuer sans répit le combat contre le terrorisme ».

Visite au pas de course sur les lieux du double attentat, entretien avec le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré… Mahamadou Issoufou et Faure Gnassingbé, les présidents nigérien et togolais, se sont rendus ce lundi à Ouagadougou avant tout pour le symbole, et pour exprimer leur compassion au peuple burkinabè.

Faure Gnassingbé dit la « solidarité de la Cedeao »

« Nous sommes venu d’abord présenter nos condoléances aux familles des victimes et adresser nos prière pour que les blessés se rétablissent le plus vite », a déclaré dès son arrivée le président togolais, qui a souhaité également « exprimer la solidarité de la Cedeao au peuple burkinabè ».


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« Nous félicitons les Forces de défense et de sécurité pour leur riposte rapide qui a certainement permis de limiter les dégâts [humains ] à l’état-major général des armées et à l’ambassade de France, car les intentions de ces groupes étaient de faire le maximum de victimes », a ajouté Faure Gnassingbé, arrivé peu après son homologue nigérien, dont l’avion s’était posé sur le tarmac de l’aéroport international de Ouagadougou aux environs de 10 h, heure locale (GMT).

Les deux présidents ont été accueillis par Roch Marc Christian Kaboré, avant que le cortège présidentiel se dirige ensuite dirigé vers le palais de Kosyam, où Kaboré et ses pairs ont tenu une réunion sur l’évolution de la situation.

« Les terroristes cherchent à défaire notre alliance »

Les trois chefs d’État se sont ensuite rendus sur les sites de l’état-major général des armées et de l’ambassade, cibles du double attentat terroriste perpétré vendredi 2 mars, qui a fait 16 morts et 80 blessés.

L’attentat meurtrier a été revendiqué dès le lendemain par Nusrat al-Islam Wal Muslimin (« Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans »), le groupe jihadiste dirigé par le Malien Iyad Ag Ghali, qui rassemble Ansar Eddine, Al Mourabitoune ainsi que la Katiba Macina.

« Nous sommes venus réaffirmer notre volonté commune de continuer sans répit le combat contre le terrorisme et le crime organisé. Ma conviction est que le terrorisme n’a pas d’avenir dans notre région », a martelé Mahamadou Issoufou, qui est actuellement le président en exercice du G5 Sahel, qui rassemble le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Burkina et le Tchad.

Ces pays tentent d’asseoir progressivement une force conjointe de 5 000 hommes pour contrer les attaques de plus en plus meurtrières des groupes terroristes aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Mali. Le projet a besoin d’un budget de 480 millions d’euros pour sa première année.

Mahamadou Issoufou l’a assuré, pour lui, la défaite de la nébuleuse terroriste est certaine. « Sa défaite est inscrite dans la nature obsolète, anachronique des valeurs qu’il dissémine. Sa défaite s’inscrit dans le caractère ignoble et inhumain de ces actes », a-t-il lancé, arguant que « les terroristes cherchent à défaire notre alliance ».

C’est la troisième fois en deux ans que la capitale burkinabè subit la furie des groupes terroristes. En août dernier, 18 personnes avaient péri lors d’une attaque contre le café Aziz Istanbul – qui n’a pas été revendiquée. Et en janvier 2016, 30 personnes, dont cinq Européens, ont été tuées dans un attentat revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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