Vie des partis

Maroc : la nouvelle feuille de route de Aziz Akhannouch pour le RNI

Aziz Akhannouch lors d'un forum international sur l'Afrique, le 7 octobre 2013 © Hervé Cortinat/OCDE developpment Center/Flickr

L’arrivée du président providentiel Aziz Akhannouch, au lendemain des législatives de 2016, a permis au Rassemblement national des indépendants (RNI) de se métamorphoser. En 14 mois, ce dernier s’est doté de nouvelles structures, a cerné son positionnement politique et présente même une ébauche d’offre politique. Détails.

« La voie de la confiance », c’est l’intitulé de l’offre politique que le Rassemblement national des indépendants (RNI), deuxième parti au sein de la majorité gouvernementale, a rendue publique le samedi 24 février dernier. Un document que cette formation, réputée depuis toujours comme étant proche de l’administration, veut comme une contribution au nouveau modèle de développement du Maroc, souhaité par le roi Mohammed VI dans plusieurs secteurs.

Mais c’est aussi le résultat d’une tournée effectuée depuis mai dernier dans les 12 régions du royaume, au lendemain du Congrès national du parti. « Nous avons adopté une approche participative pour réfléchir collectivement afin de cerner notre référentiel et notre positionnement politique, et également pour identifier notre offre pour les secteurs prioritaires que sont l’emploi, la santé et l’éducation », explique à Jeune Afrique Aziz Akhannouch, président de la formation politique qui a clôturé en apothéose son tour des régions du Maroc, le 24 février dernier lors d’un meeting à Agadir.

Un parti socio-démocrate

Bien qu’il compte parmi ses membres une kyrielle d’hommes d’affaires très en vue au Maroc, le RNI ne s’identifie pas comme étant une formation libérale. Il se proclame comme appartenant à la grande famille de la social-démocratie, avec « un référentiel bâti sur la justice sociale et l’émancipation des citoyens », prônant les valeurs d’égalité, de responsabilité et de communauté.

Quant à son positionnement politique, le RNI se place comme un parti central alternatif. « Ce choix émane d’une conscience des préoccupations du citoyen et prône l’innovation dans la proposition de solutions viables et concrètes, inspirées de la réalité sociale du pays loin de toute logique de retrait ou de démagogie », comme l’indique le document politique de la formation.

Les secteurs prioritaires

Concernant les préoccupations du citoyen, le parti de la colombe a essayé d’y apporter des réponses dans des secteurs prioritaires. Au niveau de l’emploi, le RNI aspire à la création de 2 millions d’emplois à l’horizon 2025, en mettant l’accent sur l’initiative privée et le secteur des services, notamment à travers la formation d’un million de jeunes dans les métiers qui leur assureront un revenu.


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Pour le secteur de la santé, le parti insiste dans ses propositions sur l’importance de maîtriser le circuit des soins, en le réorganisant à travers un système de médecins de famille, en révisant également la carte de santé et en créant des facultés de médecine dans toutes les régions du royaume.

Quand on parle de généralisation du préscolaire, l’idée est de rendre son accès obligatoire dès l’âge de trois ans

Enfin, côté éducation, le parti veut combattre l’abandon scolaire, généraliser le préscolaire et la mise à niveau des universités. « Dans toutes nos propositions, nous sommes allés plus loin que des slogans ou des vœux, en précisant la manière de procéder pour atteindre des objectifs fixés, affirme Aziz Akhannouch, lors d’une rencontre avec la presse en marge de ce meeting. Exemple : quand on parle de généralisation du préscolaire, l’idée est de rendre son accès obligatoire dès l’âge de trois ans. »

Promesses non budgétisées

Néanmoins, ces propositions du parti, qui semblent très coûteuses, n’ont jusque-là pas été budgétisées. « Nous avons déjà élaboré un budget prévisionnel que nous ajusterons et rendrons public en temps voulu », précise le président Akhannouch. Comprenez, pour les détails, il faudra attendre que la bataille électorale commence vraiment, c’est-à-dire pas avant 2021… À moins que les crises à répétition au sein de la majorité gouvernementale finissent par faire éclater la coalition actuelle et aboutissent à des élections anticipées. »

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