Politique

Gabon : la réduction du nombre de sénateurs fait polémique

Le président gabonais Ali Bongo, à Paris, le 15 novembre 2015. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le gouvernement a annoncé un redécoupage électoral pour les sénatoriales, avec une réduction du nombre de sièges, dont le calcul est désormais basé sur le nombre de départements que compte chaque province. Pour l'opposition, cette réforme constitue une diversion à l'approche des législatives.

Le gouvernement gabonais a décidé de réduire le nombre de sénateurs de moitié, de 102 à 52 sièges. La réforme, annoncée lors d’un conseil des ministres du vendredi 23 février, a pour objectif affiché d’alléger le dispositif au Parlement et de réduire le train de vie de l’État. Dans les faits, ce changement se traduit par une répartition du nombre de sénateurs par province, avec pour unité de base les départements, l’ancien modèle comprenant également communes et arrondissements.

Et le déséquilibre du nombre de sièges entre les neuf provinces du pays fait grincer des dents du côté de l’opposition. Ainsi le Haut-Ogooué, fief d’Ali Bongo, hérite de 11 sénateurs, ce qui en fait la province avec le plus de siège, quand l’Estuaire, province la plus peuplée du Gabon n’en hérite que de 8. Le Moyen-Ogooué ou encore l’Ogooué-Maritime n’auront respectivement que 2 et 3 sénateurs. « Ce n’est que du calcul politique, c’est un découpage profondément inégal », critique un membre de l’opposition.

« Cela fait des années que l’opposition se plaint d’un Sénat trop chargé. Lors du dialogue, certains voulaient purement et simplement le supprimé, mais nous nous sommes entendus sur une réduction du nombre de siège », se défend Alain Claude Bilie by Nze, ministre de la Communication. « Le département nous est apparu comme la seule base légitime pour élire les sénateurs sans contestation et pour que la révision du découpage soit adaptée », conclu-t-il.

« Décoration »

Le gouvernement a également annoncé une ordonnance modifiant les conditions d’éligibilité à la présidence de la République : l’âge légal passe de 40 à 18 ans mais la caution, elle, reste élevée, avec 20 millions de francs CFA exigés pour les candidats.

Pour Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de la Coalition pour la nouvelle République, « ces mesures ne sont que de la décoration. » « Nous avons déjà du retard dans la préparation des législatives qui doivent avoir lieu dans deux mois au plus tard, et le gouvernement se projette vers des scrutins qui auront lieux dans plusieurs années » poursuit-il.

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