Politique

Affaire Saïd Chaou : le Parquet néerlandais se pourvoit en cassation

L'ancien député marocain Said Chaou a été arrêté le 29 juin 2017 aux Pays-Bas. © Facebook/ Said Chaou/Capture d'écran

Le parquet néerlandais a annoncé, ce 24 février, s'être pourvu en cassation après le refus d'un tribunal local d'autoriser l'extradition de Saïd Chaou, un ex-député marocain résidant aux Pays-Bas et visé par deux mandats d'arrêt internationaux émis par le Maroc.

Alors que le tribunal de Breda, au sud des Pays-Bas, a refusé jeudi d’autoriser l’extradition de Saïd Chaou, un Marocain visé par deux mandats d’arrêts internationaux émis par Rabat et arrêté le 29 juin 2017 par les autorités néerlandaises, le parquet local a annoncé samedi faire appel de cette décision.

Saïd Chaou, accusé par les autorités marocaines d’avoir bâti sa fortune sur le trafic de drogue, est par ailleurs un ex-député défenseur de l’indépendance du Rif, une région agitée l’an dernier par un mouvement de contestation populaire.

Le tribunal de Breda a invoqué un « réel danger » de procès « inéquitable » pour refuser son extradition, réclamée par Rabat, mais « ce n’est pas à la justice néerlandaise de juger les conditions d’un tel procès » a déclaré à l’AFP Martine Pilaar, porte-parole du parquet, pour expliquer le pourvoi en cassation.

Cannabis et pots-de-vin

Le Maroc a affirmé vendredi qu’il « poursuivra ses efforts » pour obtenir l’extradition de Saïd Chaou malgré la décision défavorable rendue jeudi par la justice néerlandaise. La justice marocaine veut le juger pour « les actes criminels graves » pour lesquels il est poursuivi, a déclaré le ministre marocain de la Justice, Mohamed Aujjar, cité par l’agence officielle MAP.

Saïd Chaou fait en effet l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par la justice marocaine, pour « assocation de malfaiteurs » depuis 2010 et pour « trafic international de stupéfiants » depuis 2015. Selon le mandat d’arrêt de 2015, dont l’AFP a obtenu une copie, il est soupçonné d’avoir convoyé plusieurs tonnes de cannabis par canot pneumatique entre le nord du Maroc et le sud de l’Espagne entre 2007 et 2010 et d’avoir versé des pots-de-vin à un membre des services de sécurité marocains pour qu’il ferme les yeux sur ce trafic.

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