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RDC : Katumbi, Kamerhe, Fayulu… Des opposants soutiennent la marche des chrétiens du 25 février

Des manifestants anti-Kabila, le 31 décembre 2017, à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

À l'approche de la troisième marche des chrétiens en deux mois, prévue le 25 février en RDC, des leaders de l'opposition congolaise se joignent, l'un après l'autre, à l'initiative. Le dernier appel de soutien est celui de Moïse Katumbi, ce vendredi depuis Bruxelles.

Mise à jour : La marche des chrétiens prévue à Kinshasa ce 25 février a été interdite par les autorités, le 24 février, a appris l’AFP de source officielle.

 

« Le grand élan pacifique populaire engagé le 31 décembre 2017 et le 21 janvier dernier pour réclamer la première alternance démocratique à la faveur d’élections libres, démocratiques, inclusives et transparentes ne s’arrêtera plus. » Dans une déclaration rendue publique ce vendredi à Bruxelles, l’opposant Moïse Katumbi « invite, ce dimanche 25 février, tous les Congolais épris de justice et de paix, à répondre massivement à l’appel du Comité laïc de coordination, soutenu par la Cenco [Conférence épiscopale nationale du Congo, ndrl] ».

Depuis fin décembre, un groupe d’intellectuels laïcs catholiques planifient des « marches des chrétiens » à la sortie des cultes de dimanche. Les deux premières, le 31 décembre et le 21 janvier, avaient été réprimées dans le sang. Des paroisses de Kinshasa avaient même été profanées – ce que la police dément.

Marchons pour l’application intégrale et non sélective de l’accord de la Saint-Sylvestre », plaide Moïse Katumbi

Des manifestants exigent la mise en place intégrale de l’accord de la Saint-Sylvestre, conclu le 31 décembre 2016, sous l’égide des évêques catholiques. À l’issue de leur assemblée plénière extraordinaire le 17 février, ces derniers ont dénoncé, une fois de plus, « l’application sélective et biaisée » de ce compromis politique. Des « figures emblématiques » de l’opposition demeurent emprisonnés, d’autres restent contraints à l’exil. « S’obstiner sur cette voie ne peut que conduire à des élections contestables et à de nouvelles crise », ont prévenu les prélats.

« Marchons pour l’application intégrale et non sélective de l’accord de la Saint Sylvestre, pour la mise en œuvre de toutes les mesures de décrispation, pour la liberté d’expression et de manifestation, pour la tenue d’élections crédibles, inclusives et transparentes, pour notre avenir et celui de nos enfants », a plaidé Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle mais exclu jusqu’ici des mesures de décrispation prises par le gouvernement. Son ancien directeur de cabinet en revanche, détenu depuis avril 2016, sera libéré « sous quarante-huit heures », a annoncé jeudi le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe-Mwamba.

Vital Kamerhe répond présent

Des « libérations au compte-gouttes » encore loin de décrisper le climat politique dans le pays. Des leaders de l’opposition continuent à apporter leur soutien aux organisateurs des marches des chrétiens, lesquels sont recherchés par les forces de l’ordre et de sécurité. Vital Kamerhe, chef de l’Union nationale du Congo (UNC), promet d’être de nouveau présent le dimanche 25 février, comme il l’a été les deux fois précédentes. Et « ce n’est pas pour faire plaisir » à qui que ce soit, répond-il à ceux qui le soupçonnent de récupération politique.

De son côté, Martin Fayulu, candidat déclaré à la présidentielle à venir et coordonnateur de la Dynamique de l’opposition, signifie que son regroupement politique « souscrit entièrement à l’appel du Comité laïc de coordination à marcher ce dimanche 25 février 2018 pour exiger le départ de M. Kabila et invite la population congolaise à être nombreuse dans les églises, dans les rues, avenues et boulevards ».

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principal parti de l’opposition, a également invité « tous ses membres ainsi que tout Congolais épris de justice et de paix à prendre part à la marche pacifique organisée » par les laïcs catholiques.

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