Politique

Marche anti-Kabila en RDC : les Jeunes Leaders du PPRD s’invitent au programme

Partisans du chef de l'État en pleine démonstration de force à Kinshasa, le 11 septembre 2011, à quelques semaines de la présidentielle. © GWENN DUBOURTHOUMIEU/AFP

Les Jeunes Leaders du PPRD ont prévu de jouer les trouble-fête lors de la marche prévue ce dimanche 25 février à l’appel du Comité laïc de coordination. Ils iront dans les églises pour, disent-ils, « prévenir des risques de troubles à l’ordre public ».

Comme le 31 décembre et le 21 janvier derniers, les fidèles congolais sont de nouveau appelés à se mobiliser ce dimanche 25 février à la sortie de l’office. Objectif : « barrer la route à la présente dictature, premier obstacle à l’organisation des élections libres, transparentes et apaisées », indique le communiqué du Comité laïc de coordination, à l’origine de l’appel.


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« En tant que chrétiens catholiques (sic), on ne peut plus laisser la maison de Dieu être souillée », déclare à Jeune Afrique Matthieu Kayoka, secrétaire général des Jeunes Leaders du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Loin de la contestation actuelle contre le régime, cette organisation – qui revendique plusieurs milliers de membres à Kinshasa – entend afficher son soutien sans faille au président Joseph Kabila.

« Prévenir des risques de troubles »

« Il ne s’agit pas d’une marche catholique, mais de l’opposition radicalisée, explique Papy Pungu Lwamba, président des Jeunes Leaders. En témoignent les déclarations de Jean-Marc Kabund-a-Kabund [secrétaire générale de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti historique de l’opposition congolaise, ndlr], pour qui les manifestants sont à 50 % des fidèles catholiques, à 50 % des militants de l’UDPS. »

Pour rétablir l’ordre, nous userons de tous les moyens à notre disposition

Dimanche matin, les Jeunes Leaders iront dans les églises pour, disent-ils, « prévenir des risques de troubles à l’ordre public ». Une formulation floue, qui sous-entend de possibles débordements durant cette matinée entre pro et anti-Kabila.

« Armés de cocktails Molotov »

« Nous connaissons leurs méthodes : ils vont sortir des paroisses armés de cocktails Molotov, déclare sans ambages Papy Pungu Lwamba. Personne n’a le monopole de la violence. Pour rétablir l’ordre, nous userons de tous les moyens à notre disposition. Il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un complot et que nous défendons notre patrie. »

Des craintes de violences d’autant plus crédibles que le PPRD est coutumier du fait. En 2015, le parti avait été accusé par Human Rights Watch d’avoir recruté plus de 100 jeunes pour attaquer des manifestants de l’opposition. « Des fauteurs de troubles ont reconnu avoir été payés environ 65 dollars (57 euros) chacun », avait alors précisé l’ONG dans un rapport publié moins d’un mois après l’événement. Des accusations jugées « gratuites » par Matthieu Kayoka, qui s’en prend aux « rapports truqués des ONG réalisés dans des hôtels cinq étoiles ».

Ce n’est pas une décision stratégique de la Ligue des Jeunes du PPRD

Au sein du parti présidentiel, l’approche adoptée par les Jeunes Leaders n’est pas partagée par tous. « Ce n’est pas une décision stratégique de la Ligue des Jeunes du PPRD, assure à Jeune Afrique son président Patrick Nkanga Bekonda, qui est également conseiller politique de Joseph Kabila. C’est une initiative des Jeunes Leaders, qui relève du domaine de la foi. »

Pour l’heure, seule l’Alliance des kabilistes musulmans (Akam) semble s’être joint à leur démarche, en déclarant vouloir « marcher pacifiquement pour soutenir le chef de l’État, la majorité et la Ceni ».

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