Économie

Dette du Tchad : soulagement à N’Djamena après l’accord signé avec Glencore

Le groupe suisse Glencore est présent dans le négoce de matières premières, les mines et les hydrocarbures. © Sigi Tischler/AP/SIPA

Après huit mois de négociations, Glencore a fini par lâcher du lest. Le Tchad et la société de négoce suisse, qui exploite le pétrole tchadien depuis 2013, ont trouvé un accord ce mercredi sur la restructuration de la dette étatique s'élevant à 1,36 milliard de dollars vis-à-vis de la société.

N’Djamena va pouvoir souffler. L’accord signé ce mercredi 21 février avec le géant du négoce, Glencore, inclut une « période de grâce de deux ans » pour le remboursement de la dette, un allongement de la maturité de la dette à 12 ans, la réduction du taux d’intérêt du remboursement de 7,5 à 2 %, ainsi que l’approvisionnement total de la raffinerie de N’Djamena, selon les termes de l’accord détaillés dans un communiqué du ministère des Finances tchadien.

Le Tchad, via sa société nationale des hydrocarbures (SHT), avait emprunté en 2014 près de 1,45 milliard de dollars à la société suisse, avec le soutien de quatre banques. Le remboursement de cet emprunt devait se faire sur les revenus pétroliers, mais le Tchad traverse depuis une profonde crise économique liée à la chute des cours du pétrole.

Cet accord de restructuration permet de garantir la soutenabilité de notre dette extérieure

Dans l’incapacité de rembourser une dette qui s’élève aujourd’hui à 1,36 milliard de dollars, selon N’Djamena, le Tchad renégociait depuis sept mois sa restructuration avec Glencore, selon une source proche de dossier.

Deuxième tranche du FMI

L’accord trouvé entre N’Djamena et la société était une « nécessité » pour le Tchad, affirme cette même source. En effet, le pays va désormais pouvoir demander l’ouverture de la deuxième tranche de prêt du Fonds monétaire international (FMI), versement qui était conditionné à la restructuration de sa dette envers la société suisse.

« Cet accord de restructuration permet de garantir la soutenabilité de notre dette extérieure et d’assurer le financement de notre programme triennal avec le FMI », indique le communiqué officiel tchadien.

« En outre, cet accord sauve définitivement l’équilibre et les hypothèses sur lesquelles repose la loi des finances de l’exercice 2018 », continue le texte, tandis que le Tchad cherche depuis le début de l’année à maîtriser ses dépenses pour respecter les impératifs du FMI.


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En ce sens, le gouvernement a coupé de moitié les primes ou indemnités des fonctionnaires début janvier, entraînant une forte grogne sociale, marquée par une grève générale du service public et des manifestations systématiquement interdites par les autorités.

 

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